Bienvenue dans le Guide des itinéraires moto dans les Alpes ! Cet article regorge d’infos pour voyager à moto dans les Alpes autrichiennes, italiennes et suisses. Il comprend un compte-rendu expert d’un road-trip de 14 jours sur le MEILLEUR itinéraire moto des Alpes, avec cartes, les plus beaux cols alpins et tout ce qu’il faut savoir pour réussir le tour des Alpes à moto !

Le Guide des itinéraires moto dans les Alpes
Ce guide d’itinéraire dans les Alpes est une immersion moto de deux semaines au cœur des magnifiques Alpes autrichiennes, italiennes et suisses. Il couvre un maximum des grands cols alpins incontournables et constitue un voyage moto dans les Alpes tout simplement incroyable. Vous trouverez tout ce dont vous avez besoin dans ce guide : de nombreuses informations sur la région, une carte d’itinéraire des Alpes à télécharger et un guide de route jour par jour. Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à laisser un commentaire en bas de l’article.
La carte de l’itinéraire dans les Alpes
L’itinéraire des Alpes est une boucle de 13 nuits, 2 648 kilomètres, au départ de l’Eurotunnel à Calais. Voici les principaux points d’étape : Folkestone – Calais – Alle-sur-Semois – Bad Teinach – Garmisch – Braies – Livigno – Bellinzona – Weggis – Faschina – Turckheim – Soissons – Calais.
Télécharger l’itinéraire complet :myrouteapp.com/yarromoto
Quand partir ?
J’ai voyagé en juin afin d’être sûr que les cols soient ouverts. Si vous partez en mai, gardez en tête que certains cols les plus élevés peuvent encore être fermés ou soumis aux conditions météo locales. Consultez ce site pratique pour plus d’infos sur les vacances scolaires européennesEuropean School Holidays
Hébergement
Voici la liste des hôtels utilisés pendant mon voyage et que je recommande. Si vous souhaitez réduire le budget, évitez simplement les hôtels en Suisse. Je privilégie des hôtels de qualité avec parking sécurisé quand c’est possible. Il existe de nombreuses options d’hébergement plus économiques selon vos préférences et votre budget.
- Hostellerie Le Charme de la SemoisAlle-sur-Semois, BelgiqueT : 0032-6150-8070
- Hotel ThermeBad Teinach, AllemagneT : 0049-70-53-290
- Hotel Rheinischer HofGarmisch-Partinkirchen, AllemagneT : 0049-8821-9120
- Hotel AsterbelBraies, ItalieT : 0039-04-7474-9025
- Hotel PostaLivigno, ItalieT : 0039-0342-99-6076
- Hotel Bellinzona SudSuisse.T : 0041-91-8570-171
- Sport Hotel DomigFaschina, AutricheT : 0043-43-5510-2060
- Hotel des Deux ClefsTurckheim, FranceT : 0033-38-9270-601
- Best Western PlusSoissons, FranceT : 0033-360-71-4000
Documents
Vous devez emporter les originaux de votre passeport, permis de conduire, attestation d’assurance, contrôle technique (si requis), carte grise (V5/logbook) et l’assurance de votre moto. Il est aussi fortement recommandé de souscrire une assurance voyage.
Équipement de pilotage, bagages et préparation pour un tour des Alpes à moto
Vous trouverez ci-dessous des informations et une sélection de liens vers des guides plus détaillés pour choisir le bon équipement pour vos voyages au long cours.
Équipement de pilotage
Votre équipement dépend de la période de l’année. Mais partons du principe que vous ne partez pas en plein hiver : dans ce cas, il vous faut un équipement touring fonctionnel, capable de gérer la chaleur, tout en vous gardant au chaud sur autoroute et en altitude. Vous trouverez des guides dédiés à l’équipement touring, comme nos sélections de vestes et de casques, des guides hiver et des conseils pour choisir le bon matériel dans la section ci-dessous.
Bagages
En voyage moto en Europe, l’objectif est de profiter de la route : votre système de bagagerie ne doit donc pas gêner ou dégrader la maniabilité. Les options sont nombreuses et votre choix dépendra du volume à emporter, de votre moto et de votre budget. Consultez les guides bagagerie ci-dessous pour vous aider à choisir la solution adaptée.
Préparer sa liste (packing)
Pour un tour d’Europe, inutile de partir avec une liste interminable. Il faut rester aussi léger et minimaliste que possible, avec du matériel compact. Vos bagages resteront ainsi mieux plaqués et plus stables sur la moto. Voici nos guides dédiés à la préparation des bagages.
Équipement (accessoires)
Et voici une sélection d’équipements qui peuvent vous être utiles en voyage. Par exemple, un GPS de qualité est important pour ne pas perdre un temps précieux et pour préparer les meilleurs itinéraires à l’avance.
Meilleurs conseils pour voyager à moto dans les Alpes
Les limitations de vitesse varient selon les pays mentionnés dans ce guide : je recommande donc de consulter le site de l’AA website pour vérifier les limites en vigueur.
En France, les limitations sont beaucoup plus strictement contrôlées qu’autrefois, et les amendes peuvent désormais être transmises aux motards britanniques grâce au partage d’informations avec la DVLA. Cela peut évoluer une fois le Brexit finalisé, mais pour l’instant, redoublez de vigilance.
Soyez particulièrement prudent dans un rayon d’environ 30 km autour de Calais et à proximité des aires de services avec distributeur !
Sauf indication contraire, les limitations sont généralement de 130 km/h (80 mph) ou 110 km/h sous la pluie sur autoroute. Sur les autres routes, elles peuvent aller de 50 km/h à 110 km/h. Certains villages sont désormais limités à 30 km/h (18 mph) et, là aussi, ces limitations sont souvent contrôlées. (Voir le site AA ci-dessus.)
Suisse : Ne vous faites pas prendre en excès de vitesse ! Cela peut coûter très cher, même pour quelques km/h au-dessus de la limite. À +25 km/h et plus, l’amende est énorme et vous rentrez à pied. Les contrôles mobiles peuvent être très discrets : vous ne vous rendrez parfois compte de rien… jusqu’à ce qu’un agent se place sur la route et gâche votre journée.
Beaucoup de villages/villes en Europe utilisent aussi un système de feux clignotants à l’entrée. Si vous arrivez trop vite, vous trouverez un deuxième feu un peu plus loin, qui peut passer au rouge « en punition » pendant quelques instants.
Des vignettes sont nécessaires pour l’Autriche et la Suisse, et peuvent être achetées via ces liens ou pendant le trajet.
Faites attention sur les cols de montagne. Ils peuvent être remplis de motards, cyclistes, camping-cars, autocars, tracteurs, clubs automobiles, chevaux et vaches… et tout le monde se dispute votre portion de route. De plus, les motards locaux connaissent ces routes par cœur et le montrent souvent : vérifiez vos rétros deux fois avant de doubler.
Quand les cols ouvrent-ils ? Ce site couvre spécifiquement les cols alpins en Suisse et propose une application smartphone à télécharger.
Liste de contrôle : état des pneus, billets de transport, date d’expiration du passeport et cartes de crédit/débit, euros en espèces, assurance/taxe/assistance de la moto, assurance santé voyage, Permis de Conduire International. Téléchargez aussi une copie du formulaire officiel European Accident Statements avant de partir.

Compte-rendu : l’itinéraire moto ultime dans les Alpes
Jour 1 : Calais → Alle
- Kilomètres : 300
- Note : 3/5
Nous sommes arrivés à Calais vers 10 h 30 et avons pris la direction du sud-ouest sur le réseau autoroutier A16/E40, puis l’E42/N225 via Mons, avant de rejoindre la N40/N53 à travers la campagne plate du nord de la France. À Chimay, nous avons pris la N99 jusqu’à Couvin, puis l’E420 à travers une campagne vallonnée et des zones boisées jusqu’à Hiraumont.
La dernière portion a été un pur bonheur : nous avons rejoint la D1 pour traverser les forêts qui longent la Meuse sinueuse, puis franchi le pont pour une pause rafraîchissement à Montherme. La route continue sur 25 kilomètres et serpente le long de la Semois avant d’arriver à 17 h 00 à un hôtel confortable avec un grand parking, tout près du village d’Alle, en Belgique. La température a atteint 23,5 °C.
Jour 2 : Alle → Bad Teinach
- Kilomètres : 380
- Note : 4/5
Nous attendions avec impatience cette journée de route assez longue vers notre prochaine étape à Bad Teinach, dans les montagnes allemandes. En partant vers le sud via Alle, nous avons rejoint la petite D6 et traversé encore des forêts jusqu’à Douzy, avant d’emprunter la N964, plus rapide et plus fréquentée, plein sud jusqu’à Bras-sur-Meuse.
L’itinéraire part ensuite vers l’est sur quelques kilomètres jusqu’à un coffee shop/restaurant situé près de l’Ossuaire de Douaumont, au cimetière militaire. Nous y avons rendu hommage aux vies perdues durant 300 jours de conflit ininterrompu lors de la bataille de Verdun, de février à décembre 1916. Merci de lire et de respecter les règles en ligne concernant la photographie si vous comptez entrer dans ce monument historique.
Nous continuons à travers une campagne ondulée avant de rejoindre la N904 et les longues lignes droites typiques du nord de la France à travers le Parc naturel régional de Lorraine. Depuis Dieuze, continuez vers l’est sur des D, traversez le Rhin pour entrer en Allemagne à Gambsheim, puis direction la célèbre ville thermale de Baden-Baden.
Nous traversons ensuite le parc national Schwarzwald Nord pour rejoindre la 462 qui descend vers le sud le long de la rivière Murg, puis jusqu’à Seewald. En sortant sur la 294 pour les 30 derniers kilomètres environ, avec quelques virages serrés en forêt, nous arrivons juste avant 18 h 30 dans un superbe hôtel-spa 4 étoiles au cœur de la Forêt-Noire, avec d’excellentes installations. Température du jour : 26 °C.
Jour 3 : Bad Teinach → Garmisch
- Kilomètres : 300
- Note : 4/5
Direction le sud-est sur des petites routes pour nos deux nuits à Garmisch, en Allemagne. En contournant le nord de Rottenburg par la 28, puis après avoir rejoint la L385, vous trouverez une portion fantastique de route rapide et sinueuse entre Weiler et Ofterdingen.
Nous avons ensuite fait une pause café matinale à Zwiefalten, en nous garant près des fontaines à l’avant. Attention aux radars de village sur le tronçon suivant. La prochaine grande ville est Leutkirch, puis nous rejoignons la L319 pour une superbe traversée de 15 kilomètres sur des courbes rapides et amples vers Kempten.
Nous empruntons ensuite une route principale pour franchir l’Iller juste à l’extérieur de Hegge, puis direction Reutte en Autriche et la L255 qui longe le grand lac. Arrêtez-vous près de l’Hotel Seespitze pour une pause l’après-midi et des photos. Il ne reste ensuite qu’environ 50 kilomètres autour de la forêt d’Ettal pour arriver à 16 h 30 à notre hôtel, à l’ouest de la ville. Température : 26 °C.
Jour 4 : Eibsee
- Kilomètres : 300
- Note : 3/5
Cela peut être une journée de repos pour explorer le centre-ville de Garmisch, ou faire une courte sortie jusqu’à la station du téléphérique d’Eibsee pour monter au mont Zugspitze (le plus haut d’Allemagne à 2 600 m), voir le glacier et l’hôtel-igloo.
Cependant, vous pouvez aussi choisir une boucle sur les routes qui encerclent le massif de la Zugspitze, qui domine la région de Garmisch. À 60 kilomètres du départ, nous avons facilement raté la cascade de Heckenbach, près de l’épingle n°11 menant au point de vue/parking au sud du lac de Kochelsee.
On peut prendre ici de superbes photos avant une courte route de 8 kilomètres vers le village au bord de l’eau de Walchensee, pour une pause café au Seestuberl Restaurant/Cafe et encore des photos. Vu la beauté du site, il semblerait que ce soit un lieu prisé pour la retraite par de riches ex-habitants de Munich.
Nous avons ensuite pris les vallées boisées le long des rivières vers Mittenwald et la vallée ouverte de Leutasch. Une courte pause photo moto ici vaut le coup. Après un déjeuner léger à Oberer Mooswaldweg, au sud de la boucle, nous avons repris des routes de vallée rapides et sinueuses jusqu’à Lermoos, puis retour à Garmisch à l’ombre de l’imposante Zugspitze. Température : 27 °C.
Jour 5 : Garmisch → Braies
- Kilomètres : 250
- Note : 5/5
Départ à 9 h 30 pour cette journée de 9 heures jusqu’à Braies, en Italie, principalement à cause des arrêts photo et du tournage. Direction le sud vers Telfs, puis un court tronçon sur l’autoroute A12 avant de récupérer la B186 vers le sud sur 50 kilomètres dans une vallée fluviale jusqu’au péage du col du Timmelsjoch (2 509 m). De nombreux points de vue permettent d’en profiter, ainsi que plusieurs cafés/hôtels en négociant les superbes virages de cette route bien connue.
Un peu plus loin, nous trouvons le début de la montée du col de San Leonardo (SS44), avec sa multitude d’épingles. Nous avons déjeuné au Gasthof Schlossborg, sur la droite, plus haut. La terrasse offre une vue superbe sur la vallée, et vous pouvez aussi regarder les « low-riders » frotter les repose-pieds dans les épingles. Ensuite, nous poursuivons la montée, puis basculons vers le Jaufenpass (2 094 m), appelé Di Giovo (apparemment la traduction italienne de Jaufen).
Les SS12 et SS49 nous emmènent plus loin en Italie jusqu’à notre hôtel de ski moderne 4 étoiles à Braies, situé à environ un kilomètres de la SS49, dans une vallée verdoyante et tranquille dominée par les Dolomites. Les chambres spacieuses avec poutres en bois sont très confortables et disposent de grands balcons. Température : 25 °C.

Jour 6 : Braies → Livigno
- Kilomètres : 230
- Note : 5/5
Nous avons quitté l’hôtel à 9 h 15 sous un soleil chaud, en repartant vers l’ouest avec la perspective d’une nouvelle journée de 9 heures à enchaîner les cols avant d’arriver à Livigno, en Italie.
D’abord, nous avons repris le ruban de routes qui ramène sur la SS44 via les cols Giovo/Jaufen et San Leonardo, en descendant vers Merano. De là, nous avons suivi la SS38 vers l’ouest sur environ 50 kilomètres jusqu’à Spondigna.
À environ 11 kilomètres du début du col du Stelvio, nous sommes sortis d’un tunnel sous une pluie battante et de la grêle, ce qui nous a forcés à un déjeuner anticipé sur le bas-côté, plus bas sur la route, pour remplacer des gants Gore‑Tex trempés.
La SS38 longe ensuite l’approche du célèbre Stelvio et ses 48 épingles, du côté le plus raide jusqu’au sommet. Je recommande vivement de franchir le Stelvio tôt le matin, ou bien beaucoup plus tard que moi (15 h 30–16 h 00), sinon vous le trouverez bondé de motos, de clubs auto et de camping-cars. À cause du trafic, c’était assez « sportif » de croiser d’autres usagers dans les épingles, où l’un ou l’autre doit parfois s’arrêter complètement. Vous apprécierez la pause au sommet pour souffler, vous ravitailler et acheter votre autocollant Stelvio, preuve de passage.
Basculez ensuite vers Bormio et prenez à gauche à la première jonction, sauf si vous voulez un détour agréable par l’Umbrail Pass. De notre côté, nous avons continué sur les nombreux virages avec des vues spectaculaires dans la descente de la SS38 vers Bormio. Il y a souvent un ou deux photographes « Stelvio » sur ce tronçon pour vous prendre en photo en souvenir. Ralentissez peut-être pour profiter des cascades d’eau qui tombent juste devant vous sur une portion particulière de la descente.
Une fois en bas, il reste environ 30 kilomètres. Il s’est mis à pleuvoir fort pour le reste du trajet alors que nous passions le col de Foscagno vers le centre de Livigno et notre hôtel de ski traditionnel avec vue sur les pistes depuis les chambres arrière. L’hôtel propose aussi un parking souterrain au sol glissant. Température variable aujourd’hui.
Jour 7 : Tirano
- Kilomètres :115
- Note : 3/5
Journée de repos pour profiter de Livigno, ou bien faites ma petite boucle matinale via Tirano, au sud. À 9 h 30, j’ai mené un petit groupe sur une boucle dans le sens horaire pour dégourdir les motos. L’appli météo annonçait une amélioration le matin avant l’arrivée de la pluie plus tard.
Nous avons repassé le col de Foscagno, traversé la frontière avec les sommets en toile de fond, puis redescendu via Bormio avant de partir plein sud sur la SS38. C’est une route assez importante, avec environ six tunnels de 2 km et des limitations à 70 km/h, sur le chemin de notre arrêt matinal à Tirano. À peine installés avec nos cafés et viennoiseries au centre-ville, un train est apparu de nulle part, traversant le centre et remontant la route au carrefour juste à côté de nous !
Nous avons repris la SS38 cette fois vers le nord, repassé la frontière, arrêt photo au lac de Poschiavo, puis traversé la ville du même nom en faisant attention aux rails qui coupent la route. La bruine a commencé alors que nous attaquions le col de la Bernina, rapide et exaltant. Nous avons franchi le sommet frontière où, étonnamment, la route restait plutôt sèche, avant de revenir à Livigno au moment où la pluie s’installait pour de bon. Essence détaxée à Livigno, donc essayez de faire le plein ici.
Jour 8 : Livigno → Bellinzona
- Kilomètres : 290
- Note : 5/5 (si sec)
Aujourd’hui, une aventure sinueuse de 8 heures vers le sud-ouest, via les cols de la Flüela, de l’Albula, du Julier et du San Bernardino, jusqu’à Bellinzona, en Suisse.
Nous avons quitté l’hôtel à 9 h 00 sous la pluie, avec un temps annoncé similaire pour la journée. En sortant de Livigno vers le nord, nous passons le réservoir et payons 12 euros par moto au péage. Cela donne accès au tunnel Munt La Schera (3,5 km, tube unique) qui vous propulse à travers la montagne depuis l’Italie vers la Suisse lorsque le feu passe au vert. Il était bien éclairé et moins claustrophobe que je ne le craignais. À la sortie côté suisse, un douanier a vérifié que nos motos affichaient une vignette visible pendant que nous passions. À l’heure actuelle, elle ne devrait être requise que pour l’autoroute, donc je ne sais pas pourquoi il a contrôlé.
En tournant à gauche sur la 28, je me suis rappelé les limitations suisses pendant que nous montions en lacets bordés d’arbres vers Zernez, avant de continuer sur la 28 le long de la vallée sinueuse de l’Inn jusqu’au centre du village pittoresque de Susch. À l’intersection indiquée Davos, on prend à gauche, et au sommet de la petite montée, on voit le panneau confirmant que le col de la Flüela (2 383 m) est ouvert. Il pleuvait franchement et mes gants Gore‑Tex commençaient à lâcher. Nous avons monté les épingles à ciel ouvert du col de la Flüela jusqu’à une pause café bienvenue à la Gasthaus zum Tschuggen.
En descendant vers Davos, nous partons au sud-ouest vers Alvaneu sur un ruban de virages accroché au flanc de la vallée jusqu’au T en bas. On tourne à gauche, on remonte la vallée vers le col de l’Albula (2 312 m) et, en prenant de l’altitude, les montagnes se resserrent de chaque côté : la route se rétrécit puis s’ouvre rapidement sur une autre vallée, où le revêtement s’est un peu dégradé jusqu’à Preda. Ensuite, on tourne à droite sur la 27 et on longe la route périphérique de l’aérodrome de l’Engadine sur la gauche, avant de traverser la célèbre station de St Moritz.
À Silvaplana, on tourne à droite sur la 3, parfaitement lisse, avec de larges affleurements rocheux, jusqu’au col ouvert du Julier (2 284 m), puis les épingles assez serrées sur l’autre versant et les lacets menant au magnifique lac de Marmorera. Nous sommes ensuite remontés au nord sur la 3 jusqu’à la ville d’Albula, où nous continuons sur des routes amples et bien entretenues en direction de Coire (Chur). À Thusis, nous partons plein sud sur la rapide A13, passons Nufenen et rejoignons la petite 13 qui remonte la vallée, enchaîne les épingles et mène au sommet du col du San Bernardino (2 066 m) et au lac Moesola, où la météo a enfin commencé à s’éclaircir.
Attention : les prix en Suisse peuvent être délirants… Nous nous sommes arrêtés dans une petite buvette familiale en milieu d’après-midi et avons commandé innocemment quatre cafés, trois parts de gâteau maison et une bouteille d’eau… et lorsque mon tour est venu de payer, l’addition s’élevait à 34 euros. Aïe ! Nous sommes repartis rapidement en suivant l’A13 jusqu’à notre hôtel, qui offre une belle vue à l’arrière mais se trouve dans un complexe moins séduisant (station-service/restaurant/parking) dans la vallée de Bellinzona.
Jour 9 : Bellinzona → Weggis
- Kilomètres : 290
- Note : 5/5
On annonçait huit heures de beau temps sur la route vers le nord, via le col du Lukmanier et le Klausenpass, jusqu’à Weggis pour deux nuits avec vue sur le lac des Quatre-Cantons, en Suisse.
Nous sommes partis sous une chaleur de 22 °C jusqu’à Gorduno, puis avons suivi la 2 vers le nord jusqu’à Biasco avant de bifurquer sur la 416, plus au nord, et d’attaquer notre première montée de la journée : le col du Lukmanier (1 915 m), rapide et très roulant, avec des panoramas spectaculaires. Au sommet, le lac Sontga Maria est parfait pour les photos avant de descendre les courbes de la vallée ouverte jusqu’au virage de Pardatsch. On peut s’y garer pour observer le ruisseau et les rochers polis aux formes évocatrices.
Nous continuons via Disentis et la 19 sur une route surélevée dans une autre vallée, jusqu’à Landquart, puis passons sur la voie rapide E43 et longeons finalement le long lac de Walenstadt (Walensee) sur la droite. Après le lac, nous prenons une sortie au sud sur la 3/17 pendant environ 30 kilomètres, puis vient le meilleur moment de la journée : le col du Klausen (1 952 m).
Je n’avais jamais roulé sur le superbe Klausenpass, mais nous avons dû partager la route avec du bétail éparpillé dans les pâturages bas, avant d’enchaîner des épingles faciles avec des vues incroyables sur la vallée. La route grimpe de façon spectaculaire par une multitude de virages, même si elle est parfois engorgée, jusqu’à un petit plateau enneigé et au Restaurant Clariden, parfait pour une pause et des photos. La descente de l’autre côté a été difficile pour mon vertige : c’est une sorte de route-balcon large, avec très peu de protections, à part quelques poteaux métalliques espacés et une barre horizontale qui espère, avec optimisme, vous empêcher de plonger vers le fond de la vallée.
Une fois en bas sur la 17, nous avons rejoint la 4 en voie rapide vers le nord, avec le soleil qui se reflétait sur le lac des Quatre-Cantons à gauche, en direction de notre hôtel situé en hauteur à Weggis. Son emplacement exact n’est pas évident au premier abord, puis on comprend qu’il se trouve tout en haut d’une petite voie résidentielle à une seule voie. L’endroit offre une vue splendide sur des kilomètres de lac depuis les balcons de nos chambres spacieuses dans cet ensemble hôtelier composé de deux bâtiments. Le dîner du soir a été servi sur la terrasse, et nous avons profité d’une soirée délicieusement douce face au lac. Température : 24–27 °C.
Jour 10 : Furka et Grimsel
- Kilomètres : 190
- Note : 4/5
Nouvelle matinée magnifiquement ensoleillée pour notre journée de repos à Weggis. Cependant, un petit groupe a décidé de m’accompagner pour une boucle de cinq heures afin de « cocher » les cols de la Furka et du Grimsel, que nous avions dû éviter la veille.
Il faisait déjà très chaud au départ de Weggis, en boucle horaire autour de la 2B, la route principale sur la rive est du lac des Quatre-Cantons. Après 60 kilomètres sans histoire, nous arrivons sur les petites routes menant au col de la Furka et faisons une pause café matinale au Hotel Post, dans le charmant hameau alpin de Realp.
Revigorés par la caféine, nous montons par la 19, rendue célèbre par une apparition dans le film James Bond Goldfinger (1964). La route serpente jusqu’au sommet de la Furka (2 431 m) avant de rejoindre le glacier du Rhône à 2 300 m et l’hôtel Belvedere, construit en 1882. Dans les années 1950, le glacier descendait environ 2 km plus loin qu’en 2019, jusqu’au bassin de vallée et au village de Gletsch. Malheureusement, le glacier a tellement reculé en 100 ans qu’il s’est désormais presque entièrement retiré au-delà de l’hôtel et du parking.
À partir d’ici, les virages sont plus rapides en descendant vers le fond de vallée jusqu’à Gletsch, où l’on quitte la 19 à droite pour grimper par de longues courbes jusqu’au parking du sommet du col du Grimsel (2 165 m) et au lac Totensee. La neige est encore haute de chaque côté de la route.
Nous redescendons par de larges épingles en passant les lacs de Grimsel (Grimelsee) et Räterichsbodensee jusqu’à Guttennen. Ensuite, la route 6 vers Innertkirchen est particulièrement plaisante : virages rapides en forêt, variations d’altitude et chaussée bien entretenue. La route 4 mène ensuite vers Lucerne, longe les verts intenses des lacs Lungernersee et Sardersee, puis rejoint la voie rapide et retour à Weggis. Température : 26 °C.

Jour 11 : Weggis → Faschina
- Kilomètres : 300
- Note : 5/5
Nous avons savouré notre dernier petit-déjeuner sur la pelouse face au lac des Quatre-Cantons, sous 20 °C. Encore une journée au paradis !
Huit heures de route vers l’est jusqu’à Faschina, dans les montagnes autrichiennes, via le Klausenpass (cette fois en sens inverse), la route à péage, le col de la Silvretta et le Hochtannbergpass.
Nous avons commencé par une nouvelle traversée du fantastique Klausenpass sur des routes magnifiques. Continuez sur la 17 jusqu’à Niederurnen, puis partez plus à l’est sur l’A3 en voie rapide jusqu’à Regitzer Spitz. Rejoignez l’A13 en passant Vaduz au Liechtenstein et montez jusqu’à Feldkirch. Nous avons dû nous arrêter plusieurs fois pour boire à cause des 33 °C. Heureusement, il ne faisait « que » 24 °C dans les tunnels longs et fréquents en allant au sud-est sur l’A14/188 vers Partenen.
Arrivée au péage ouest du col de la Silvretta (2 037 m), long de 22 km. Il est connu comme la « route de rêve des Alpes pour connaisseurs », avec 34 superbes épingles, mais sachez qu’il reste généralement fermé jusqu’au début juin. Nous avons rencontré des feux alternés et des travaux le long du réservoir de Vermuntstausee sur la partie basse, mais on peut s’attendre à un entretien constant sur une route à péage.
La chaussée est lisse comme un circuit sur la majeure partie du col, et on peut vraiment en profiter si le trafic est léger. Le meilleur arrêt photo est réputé se situer haut, entre les virages 22 et 23, mais honnêtement j’avais perdu le compte et j’ai choisi un point sur un secteur surplombant des doubles épingles. En continuant jusqu’au sommet et en passant l’immense réservoir Silvretta-Stausee, perché de l’autre côté, la route redescend ensuite vers le péage est.
Nous roulons ensuite vers Pians, puis accrochons la S16 en allant maintenant vers l’ouest et retrouvons les routes de montagne via St. Anton, avant de rejoindre la 198 vers le nord jusqu’à Warth. Il ne reste que 30 kilomètres via la 200, par le col du Hochtannberg, puis une portion plus lente à travers les sommets de cette zone de ski jusqu’à notre hôtel, situé sur une épingle et qui domine fièrement le haut d’une vallée à Faschina, avec une vue superbe depuis les chambres avec balcon. Épuisés par la chaleur et heureux d’arriver enfin, nous prenons une bière sur la terrasse ensoleillée en hauteur et attendons d’applaudir le reste du groupe lorsqu’ils apparaissent au sommet. Température max : 33 °C.
Jour 12 : Faschina → Turckheim
- Kilomètres : 300
- Note : 4/5
Avec les fortes températures annoncées aujourd’hui, une partie du groupe est partie très tôt. Nous sommes deux à quitter à 8 h 45 pour une journée de huit heures jusqu’à notre prochain hôtel, au centre pavé de Turckheim, en France. Comme nous voulions dégager du temps pour visiter le musée Bugatti à Mulhouse en chemin, nous avons choisi un itinéraire plus rapide. Vous pouvez décider de retravailler cette journée en empruntant moins de grands axes.
Nous avons commencé par un court trajet de retour vers Damüls, puis cap à l’ouest sur la L51 en direction de Feldkirch. À seulement quelques kilomètres de l’hôtel, nous sommes tombés par surprise sur les lacets du col du Furkajoch, offrant une nouvelle occasion photo mémorable, avant de continuer 25 kilomètres, puis de passer par Koblach et une petite route à travers la charmante vallée d’Appenzell sous 27 °C. En nous arrêtant pour prendre encore des photos, nous avons avoué que la chaleur nous rendait un peu « vaseux », et nous nous sommes promis de faire des pauses hydratation plus régulières.
Juste à l’extérieur de Saint-Gall, nous avons pris la 1 en voie rapide sur 45 kilomètres jusqu’à Winterthur, puis la 7 plus à l’ouest jusqu’à Koblenz, en traversant le Rhin vers la 34. Nous sommes passés au nord de Bâle, puis avons rejoint Mulhouse et le parking du musée automobile Schlumpf (Schlumpf Motor Museum). L’entrée coûtait 13 euros par adulte. Honnêtement, nous aurions probablement payé le double juste pour nous asseoir dans le restaurant climatisé et récupérer de la chaleur étouffante.
Le musée est immense. Les frères Schlumpf ont dû à l’origine acheter des collections plus importantes — incluant divers modèles — simplement pour obtenir les Bugatti qu’ils désiraient vraiment. La variété de véhicules est donc absolument hallucinante. L’heure et demie dont nous disposions ne lui rendait pas justice. J’aurais aussi aimé passer plus de temps dans chaque zone thématique, notamment celles sur le sport automobile et les Bugatti contemporaines. Il faudra que j’y retourne un jour !
Notre destination finale se trouvait juste au nord de Mulhouse, à l’ouest de Colmar, dans le cœur pavé de la vieille ville de Turckheim. Notre hôtel de charme est un bâtiment Renaissance du XVe siècle, classé monument historique depuis 1930. C’est l’hôtel le plus intéressant du voyage : un labyrinthe de pièces au rez-de-chaussée, plein de caractère, une salle à manger romantique et des chambres chaleureusement décorées… mais pas de climatisation. Température : 33 °C.
Jour 13 : Turckheim → Soissons
- Kilomètres : 350
- Note : 3/5
Aujourd’hui, nous roulons de Turckheim à Soissons en passant par les anciennes tribunes du circuit automobile de Reims. Le groupe a quitté l’hôtel à 8 h 30 et il faisait déjà 28,5 °C.
Avec 36 °C annoncés au plus fort de la journée, j’ai abandonné mon long itinéraire initial pour une route plus directe d’environ cinq heures. Cap au nord-ouest, avec une belle portion de 35 kilomètres dans les lacets plus frais des Vosges sur la D415, avec très peu de trafic, jusqu’à Arnould.
Ensuite, plein nord sur la D415 jusqu’à la N59 en voie rapide à partir de Sainte-Marguerite, jusqu’aux abords sud de Nancy, puis l’A31/N4 vers l’ouest sur 120 kilomètres jusqu’à Vitry-le-François. Nous avons dû nous arrêter fréquemment pour nous rafraîchir.
La N44 nous a fait passer Châlons-en-Champagne, puis la N31 jusqu’au Circuit de Reims en empruntant la D27, pour les photos obligatoires. Nous avons profité de l’ambiance en déambulant autour des anciens stands et du complexe des tribunes sous 35 °C.
Après ce passage incontournable, nous avons repris la N31 pour les 45 kilomètres restants jusqu’à notre hôtel à Soissons. L’hôtel était un contraste moderne par rapport à la nuit précédente. Il a été très apprécié après une journée aussi chaude, mais j’ai moins apprécié d’apprendre que la climatisation n’avait pas encore été installée. Encore une « nuit difficile » en perspective. Température max : 36 °C.
Jour 14 : Soissons → Calais
- Kilomètres: 220
- Note : 4/5
Départ à 8 h 50 pour notre dernier jour, sur des départementales vers le nord-ouest à travers la campagne jusqu’à l’Eurotunnel à Calais. Nous prenons la D6 à travers les champs typiquement plats de la région, jusqu’à Blérancourt, puis la D934 via Noyon et davantage de paysages ouverts. Nous contournons le centre de Roye, revenons sur la D934, puis passons sur la D23, moins fréquentée, avec encore quelques courbes amples vers le nord jusqu’à Doullens.
La D916 traverse encore la campagne via Frévent, puis la D104 à travers les champs jusqu’à Fruges. La circulation clairsemée sur la D191 offrait plus de variations d’altitude, en glissant sur de longues courbes entre petits villages et bourgs, à travers le joli parc naturel via Coulomby, avant de rejoindre l’A26/E15 pour les 20 derniers kilomètreset d’arriver à l’enregistrement Eurotunnel à 12 h 50.