La Ruta de las Lagunas en Bolivie est légendaire parmi les voyageurs à moto et les overlanders pour son isolement extrême, son terrain d’altitude et ses paysages immenses, presque irréels. Ce guide complet rassemble tout ce qu’il faut savoir pour la parcourir à moto. Ce guide moto s’appuie sur notre traversée de la Bolivie pendant notre tour du monde à moto. Les guides de ce site sont mis à jour en continu afin de rester actuels.

Guide moto de la Ruta de las Lagunas (Bolivie)
Haut perchée, au cœur de l’Altiplano bolivien, se trouve l’un des itinéraires moto les plus exigeants d’Amérique du Sud : la Ruta de las Lagunas. Elle traverse des étendues immenses et isolées, des déserts d’altitude et des lagunes peuplées de flamants roses. L’intégralité du parcours se fait en tout-terrain, et c’est l’un des endroits les plus reculés au monde pour rouler à moto.
Si l’idée vous tente, lisez d’abord ce guide détaillé. Nous y partageons notre expérience, notre avis sur l’itinéraire, l’état des pistes, l’environnement, les points d’entrée et de sortie, les infos de route, l’hébergement, et bien plus. Voici ce qu’il faut savoir pour parcourir la Ruta de las Lagunas à moto.
Qu’est-ce que la Ruta de las Lagunas ?
La Ruta de las Lagunas est l’un des itinéraires moto les plus isolés et les plus difficiles d’Amérique du Sud (voire du monde). En espagnol, on l’appelle « Ruta de las Lagunas » (route des lagunes) ; en anglais, « Lagunas Route ».
La Ruta de las Lagunas désigne une zone reliant Uyuni, en Bolivie, à San Pedro de Atacama, au Chili. Il n’existe pas une route unique et officielle : à la place, on trouve des centaines de pistes et de tracés plus ou moins défoncés parmi lesquels choisir. On y revient plus bas, mais retenez pour l’instant qu’il s’agit d’une direction générale entre ces deux villes, qui traverse l’Altiplano bolivien.
La zone des Lagunas se situe dans l’Altiplano bolivien (l’un des plus hauts plateaux du monde) et traverse le parc national Eduardo Avaroa. L’Altiplano est un immense plateau d’altitude qui s’étend sur la Bolivie, le Pérou, le Chili et l’Argentine, entre les chaînes orientale et occidentale de la cordillère des Andes.
La Ruta de las Lagunas doit son nom à ses lagunes riches en minéraux, formées par une ancienne activité volcanique et des dépôts minéraux. Vous rencontrerez ces lagunes tout au long du parcours, ainsi qu’un paysage surréaliste sculpté par l’histoire volcanique, à une altitude moyenne proche de 4 000 mètres.
Aperçu de l’itinéraire : départ, arrivée, distance et durée
Départ et arrivée – La plupart des voyageurs à moto commencent à Uyuni, en Bolivie. Il n’y a pas vraiment d’intérêt à descendre jusqu’à la zone des Lagunas si vous ne comptez pas continuer jusqu’au Chili et San Pedro de Atacama. Il est possible de faire une boucle et de revenir à Uyuni, mais cela fait une très longue descente… puis une très longue remontée.
Durée – Nous vous conseillons de prévoir quatre jours pour aller d’Uyuni (Bolivie) à San Pedro de Atacama (Chili). Cela laisse le temps de rouler tranquillement, de faire des pauses photo et de profiter. Si vous êtes pressé, c’est faisable en trois jours.
Distance – D’Uyuni à San Pedro, comptez environ 500 km. Cependant, il y a une station-service à environ 90 km d’Uyuni, à San Cristobal. C’est la dernière station avant de bifurquer vers la route. Elle se situe ici sur Google Maps. Si vous faites le plein ici, la distance jusqu’à la prochaine station disponible à San Pedro sera d’environ 425 km. Nous détaillons le carburant plus loin dans la section essence de ce guide. Si votre réservoir est particulièrement petit, vous pourrez peut-être trouver du carburant dans la petite ville d’Alota, mais ce sera vendu en bouteilles.
Les différentes options d’itinéraires moto pour la Ruta de las Lagunas
Il existe deux grands itinéraires pour la Ruta de las Lagunas : l’itinéraire Ouest et l’itinéraire Est.
L’itinéraire Ouest est la « vraie » Ruta de las Lagunas. L’Est est plus facile, mais sans grand intérêt : vous manquerez les lagunes et les plus beaux paysages, et vous resterez sur la piste principale des 4×4, donc des ornières en continu tout du long.
Carte de l’itinéraire moto des Lagunas
Voici notre carte de la Ruta de las Lagunas pour les voyageurs à moto et les overlanders.
Point important : la meilleure partie de cet itinéraire se situe du nord jusqu’au point médian — indiqué comme « Rock Tree » sur notre carte. Si vous suivez notre tracé approximatif, vous vous retrouverez sur une superbe portion de tout-terrain, dans une immense étendue d’altitude, en choisissant vos propres pistes. Cette section est solitaire et il est beaucoup moins probable de croiser quelqu’un.
Une fois arrivé au Rock Tree, vous êtes sur la route principale. De là jusqu’à la frontière sud, il n’y a essentiellement qu’un seul itinéraire, et il faudra s’y tenir. Malheureusement, c’est aussi celui qu’empruntent tous les 4×4 de touristes : résultat, la piste est un véritable « tôle ondulée » (washboard) avec des sections profondes de sable. C’est monotone et demande une forte concentration si vous voulez avancer vite — c’est la même raison pour laquelle je conseille d’éviter l’itinéraire Est, car c’est comme ça du début à la fin.
Profitez donc au maximum de la partie nord. Vous trouverez sur notre carte des points d’intérêt et des repères (pins) pour la plupart des lieux que nous jugeons utiles, avec des notes.

Navigation
Il n’y a pas de panneaux sur l’itinéraire. Vous verrez aussi des centaines de pistes partir dans toutes les directions. La plupart du temps, elles se reconnectent : ce sont des traces laissées par les 4×4 qui sortent de la piste principale pour trouver une voie moins creusée. Tant que vous gardez une direction générale, ça ira.
Nous recommandons d’utiliser l’application Maps.Me pour traverser les Lagunas. Google Maps n’affiche quasiment aucune route ni piste. Maps.Me, si — et elle fonctionne hors ligne (et elle est gratuite). Téléchargez simplement l’appli, puis la carte de la Bolivie. Utilisez notre Google Map téléchargeable pour reporter des points sur votre carte Maps.Me et gardez aussi la Google Map en secours.
Quand partir et quelles conditions météo sur la Ruta de las Lagunas ?
La meilleure période pour parcourir la Ruta de las Lagunas est de mai à octobre, pendant la saison sèche, quand la météo est plus stable.
Pendant la saison des pluies (de décembre à mars), vous pouvez tomber sur de fortes pluies et de violents orages électriques. Prenez aussi en compte l’altitude : il peut faire extrêmement froid et très venteux sur cet itinéraire.
Mieux vaut partir tôt le matin et s’arrêter avant que le vent et les orages n’arrivent. Téléchargez et utilisez l’application Windy pour suivre la météo.
Que voir le long de la Ruta de las Lagunas ?
- Laguna Honda : C’est l’une de nos lagunes préférées — ne la manquez pas.
- Laguna Colorada : Un lac rouge spectaculaire, abritant des milliers de flamants roses.
- Laguna Verde : Un lac vert intense au pied d’un volcan.
- Laguna Hedionda : Une lagune riche en soufre avec des reflets incroyables.
- Geysers Sol de Mañana : Champs géothermiques d’altitude avec des mares de boue bouillonnante. N’y restez pas trop longtemps et ne campez surtout pas.
- Désert Salvador Dalí : Un paysage surréaliste nommé en hommage au peintre.
- Rock Tree : Une formation rocheuse isolée au milieu du désert.
- Flamants roses : Vous verrez des milliers de flamants dans les lagunes, mais gardez aussi l’œil ouvert pour les autruches sauvages — elles vont vite.
État des pistes
C’est une traversée difficile, pas adaptée aux débutants. Vous n’avez pas besoin d’être un pilote expert, mais une bonne expérience du tout-terrain et des passages sableux aide énormément. Si vous faites du off-road mais que vous détestez le sable, pas de panique : vous pouvez passer en roulant lentement et en « ramant » pieds au sol dans les sections profondes. Faites juste attention à ne pas faire surchauffer l’embrayage.
Attendez-vous à du gravier, du sable, des ornières profondes, et la fameuse tôle ondulée. Le mal d’altitude peut aussi poser problème, car une grande partie du parcours se situe au-dessus de 4 000 m.
Avis peut-être impopulaire, mais selon nous, l’itinéraire est survendu. Oui, c’est éloigné, immense, et on a l’impression de rouler sur une autre planète. Mais les conditions de piste sont mauvaises. La première moitié est magnifique : vous êtes seul, à choisir vos traces. Mais sur la seconde moitié (à partir du Rock Tree — repéré sur notre carte téléchargeable ci-dessus), vous n’aurez pas le choix : il faudra rouler dans les ornières profondes laissées par les 4×4 touristiques. Et c’est très long et très monotone — d’où l’importance cruciale de choisir le bon itinéraire.
Bien sûr, en tant que riders aventure, on aime le tout-terrain et les mauvaises routes. Mais la seconde moitié n’est pas du « fun off-road ». Ce n’est ni technique ni vraiment exigeant : c’est juste une tôle ondulée incessante avec des poches de sable profond prêtes à vous piéger. Les vibrations permanentes et les chocs répétés ne sont pas agréables. Donc, attendez-vous à une bonne première moitié, puis une seconde plus ennuyeuse.
Les images ci-dessous devraient vous donner une bonne idée de ce qui vous attend.
Quels sont les principaux défis, et est-ce dangereux ?
- Altitude. Une grande partie du parcours est au-dessus de 4 000 m, ce qui rend l’acclimatation indispensable. Si vous roulez ici, il y a de fortes chances que ce soit avec votre propre moto, car les loueurs et les tours organisés ne s’aventurent pas dans ce coin. Cela signifie aussi que vous serez probablement déjà acclimaté. Mais si vous commencez à vous sentir mal, levez le pied : arrêtez-vous, buvez régulièrement et reposez-vous.
- Terrain. Comme indiqué plus haut : sable profond, tôle ondulée et sections caillouteuses. Ce type de terrain peut vous piéger vite. Restez concentré, faites des pauses fréquentes et prenez votre temps.
- Météo. Les Lagunas sont connues pour leurs vents violents, leurs nuits glaciales et leurs conditions imprévisibles. Nous avons eu, le même jour, un orage de grêle gelée le matin, une tempête de sable étouffante l’après-midi, puis un orage électrique le soir. Équipez-vous en conséquence.
Est-ce dangereux ?
À Uyuni, nous avons rencontré deux riders aventure colombiens. Nous leur avons demandé comment se passait leur voyage, et ils nous ont demandé le nôtre. Nous avons dit que nous partions sur la Ruta de las Lagunas le lendemain matin ; ils ont été surpris : « Vous n’avez pas vu toutes les vidéos ? Les gens s’y cassent des os, c’est dangereux. Nous, hors de question de passer par là. » Depuis, nous avons entendu plusieurs personnes dire des choses similaires. La Ruta de las Lagunas a donc une réputation de danger.
C’est probablement lié à son isolement et au temps nécessaire pour faire la traversée en tout-terrain. Après des heures à rouler sur un plateau désert, fatigué et potentiellement frigorifié, il est facile de faire une erreur ou de se faire surprendre par une poche de sable. Et si vous êtes seul et que vous chutez, la situation peut vite se compliquer. Donc oui : comme partout en voyage aventure, il existe un risque. Prenez des précautions adaptées : prévenez des personnes de votre itinéraire et envisagez d’emporter un dispositif SOS d’urgence.
Et ne sous-estimez pas l’ampleur, la taille et les distances de cet itinéraire. C’est immense et isolé. Voici une sélection de photos pour vous donner une idée.

Hébergement et camping
On peut trouver des hébergements en chemin. Nous recommandons de prévoir quatre jours pour parcourir l’itinéraire Ouest ; dans ce cas, vous pouvez trouver un hébergement chaque soir. Nous avons épinglé nos adresses recommandées sur la carte au début de ce guide.
Si vous ne devez vous arrêter qu’à un seul endroit pendant la traversée, alors nous recommandons celui-ci. Le propriétaire s’appelle Fermin et vous pouvez le contacter sur WhatsApp : +591 72371714
Notez que les groupes en tour 4×4 remplissent vite ces lodges : si possible, réservez d’abord via WhatsApp.
Et bien sûr, vu l’isolement, vous ne pourrez payer qu’en espèces.
Le camping est aussi une excellente option, mais gardez en tête que les nuits peuvent être froides et qu’il peut y avoir beaucoup de vent. C’est désertique : vous devrez peut-être chercher un moment pour trouver un abri correct.
Passage de frontière Bolivie → Chili sur la Ruta de las Lagunas
La sortie de Bolivie est simple et fluide. Juste avant d’arriver au bâtiment des douanes, vous verrez le bureau des gardes du parc : vous devez soit acheter un ticket si vous entrez dans le parc depuis le Chili, soit montrer une preuve d’achat si vous en sortez. Si vous n’avez pas acheté de ticket pendant votre trajet, vous pouvez l’acheter ici pour 150 BOB.
Ensuite, passage aux douanes. Vous devrez scanner le QR code dans le bureau avec votre téléphone (le wifi est gratuit aux douanes) et remplir le même formulaire que celui complété à l’entrée dans le pays. Votre TIP (permis d’importation temporaire) sera ensuite « sorti »/tamponné, et vous pourrez rouler jusqu’à l’immigration, quelques kilomètres plus loin.
Le bureau d’immigration a reçu des avis très négatifs sur iOverlander, mais nous avons trouvé l’agent extrêmement sympa. Sortie tamponnée en deux secondes, avec un grand sourire et un signe de la main.
Ensuite, cap sur le Chili. Continuez à suivre la route et vous arriverez à un bâtiment assez inquiétant au bout de la piste. Les portes s’ouvrent comme un hangar de vaisseau spatial, et vous entrez avec la moto. Immigration, douanes et SAG (agence sanitaire/environnementale) sont à l’intérieur. Déclarez bien toute nourriture : beaucoup de produits sont interdits à l’entrée au Chili. Si vous essayez de dissimuler et que vous êtes contrôlé, vous serez verbalisé. À part ça, ils sont eux aussi très accueillants.
Une fois libre de partir, vous aurez une longue descente jusqu’à San Pedro. Préparez-vous à prendre un « coup de chaud » : on sent la température monter au fur et à mesure qu’on perd de l’altitude. San Pedro est une ville agréable, mais chère et très touristique.
Coûts
Il y a un droit d’entrée au parc de 150 BOB par personne. Vous pouvez acheter le ticket à Laguna Colorada ici. Si vous ne l’achetez pas là, vous devrez l’acheter au bureau près des douanes lorsque vous sortez de Bolivie.
Préparation essentielle et conseils
Comme vous l’aurez compris, c’est un itinéraire très isolé avec peu de services. Voici nos recommandations de préparation.
- Équipement pilote : Assurez-vous d’avoir un bon équipement moto et des vêtements chauds pour les températures basses et le vent. Votre tenue doit être protectrice et prévoir des surcouches imperméables.
- Moto : Votre moto doit être adaptée à ce type de terrain. Si vous roulez avec une grosse trail/aventure et que vous êtes très chargé, certaines sections sableuses peuvent être délicates.
- Outils et réparations : Des pneus tout-terrain ou mixtes sont indispensables. Baissez vos pressions pour gérer le sable et le gravier permanent. Emportez des chambres à air si vous n’êtes pas en tubeless, un kit de réparation de crevaison et les outils nécessaires.
- Essence : Nous avons abordé le carburant dans la section essence plus haut. Mais retenez qu’il y a au minimum 425 km entre San Cristobal et San Pedro, et que vous consommerez davantage en tout-terrain. Emportez donc du carburant supplémentaire si besoin. Voir notre section Essence dans le guide voyage moto Bolivie.
- Navigation et applis : Nous recommandons Maps.Me car l’appli est gratuite et affiche les pistes à travers les Lagunas. Avec ça, vous ne devriez pas vous perdre. Nous conseillons aussi Windy pour la météo et iOverlander pour les alertes.
- Urgences : Ne vous attendez pas à avoir du réseau sur la Ruta de las Lagunas. Nous recommandons d’emporter un dispositif SOS satellite d’urgence sur votre moto au cas où vous auriez besoin d’aide.
- Santé et sécurité : Comme pour tout voyage, pensez santé et sécurité. Assurez-vous d’avoir une bonne assurance voyage avant d’entreprendre ce type de traversée. Et soyez au clair sur les bonnes pratiques. Consultez nos guides Assurance, Santé et Sécurité dans la section Admin.
- Camping : Le camping peut être incroyable sur la Ruta de las Lagunas, mais vérifiez la météo avant de vous lancer pour savoir à quoi vous attendre. Les températures chutent la nuit et il peut geler. Essayez aussi de vous abriter des vents violents et ne campez pas au pied des montagnes où des pierres peuvent tomber.
- Nourriture et eau : Nous conseillons toujours d’emporter des réserves d’urgence et beaucoup d’eau, au cas où. Vous pouvez trouver de petites échoppes en route et des repas dans les hébergements. Vérifiez iOverlander pour les repérer et marquez-les sur Maps.Me avant de partir.