Bienvenue dans le compte-rendu ultime d’un road trip moto autour des îles Britanniques. Une tournée à moto spectaculaire en Grande-Bretagne et en Irlande, totalisant près de 6 000 miles en 31 jours. Si vous rêvez de faire le tour des îles Britanniques sur deux roues, ce guide ultra-complet vous explique tout ce qu’il faut savoir.
Le tour moto ultime des îles Britanniques
Le « grand tour » m’a toujours trotté dans la tête. En 2008, quand je débutais à moto, l’idée me paraissait bien trop intimidante, presque impossible à envisager. Puis, neuf ans plus tard, avec un peu d’expérience, je suis parti rouler en France, en Espagne, jusqu’à Gibraltar et au Portugal. J’ai accroché… et je me suis mis à faire de grands plans pour zigzaguer à travers l’Europe.
Mais avant de m’installer dans l’idée de rouler au-delà du Royaume-Uni, je me suis dit qu’il était normal d’explorer mon propre « jardin » d’abord. Inspiré par le Parallel Coast Journey de Nick Sanders, j’ai décidé de faire le tour des côtes de la Grande-Bretagne et de l’Irlande avant de mettre le cap sur l’Europe.
Deux années de plus ont passé, le Covid est arrivé et a ralenti tous les projets. En février 2022, ma compagne a réussi son permis moto, puis une nouvelle moto est arrivée quelques mois plus tard. Il semblait que ce voyage que je repoussais année après année depuis cinq ans était enfin à portée de main… et je ne le ferais pas en solo.
La Grande-Bretagne et l’Irlande offrent certaines des meilleures routes moto au monde, parce que génération après génération, des passionnés explorent, roulent et racontent ce que le Royaume-Uni peut offrir aux motards. D’un bout à l’autre, entre parcs nationaux et Areas of Outstanding Natural Beauty (AONB), avec leurs virages et enchaînements uniques, la Grande-Bretagne propose quelque chose pour tout le monde.
Si vous lisez ceci, c’est que vous envisagez vous aussi un road trip moto au Royaume-Uni. Faites-le, au moins une fois : foncez !

Itinéraire moto Grande-Bretagne et Irlande
En démarrant dans le sud de l’Angleterre, cet itinéraire nous longe la côte et nous fait faire le tour de la Grande-Bretagne dans le sens antihoraire. Nous quittons ensuite le littoral pour entrer en Écosse par la région où se rencontrent Galloway et les Borders, puis nous continuons vers le nord pour retrouver la mer et parcourir la NC500 dans son intégralité.
En redescendant à travers l’Écosse puis la Cumbria, vous aurez le temps d’admirer le magnifique Lake District avant de rejoindre le Merseyside pour une traversée Liverpool–Dublin.
Une fois en Irlande, roulez dans le sens antihoraire à travers l’Irlande du Nord puis rejoignez la Wild Atlantic Way, où vous pourrez parcourir environ 64 % de la plus longue route côtière d’Europe. Pour boucler l’Irlande en passant par Cork, Waterford et le parc national de Wicklow, prenez ensuite un ferry retour vers Liverpool.
Ensuite, cap au sud au Pays de Galles en suivant la côte jusqu’à Anglesey, puis terminez la boucle de Phwelli avant de vous arrêter près de Machynlleth. Continuez vers le sud pour rentrer en Angleterre, direction Land’s End, et conclure le tour.
Préparation du voyage et planification du tour
Équipement de pilotage
En vivant sous le climat tempéré (et capricieux) de la Grande-Bretagne, vous avez deux options : investir dans un bon équipement Gore-Tex pour rester au chaud et au sec… ou partir en été et croiser les doigts. Nous avons réussi le tour en choisissant la deuxième option, en n’ayant dépensé que 40 £ pour des surpantalons imperméables de randonnée chez SportsDirect, afin de nous protéger du pire de l’été.
Matériel de camping
Nous avions un réchaud papillon SOTA léger et 2 cartouches multi-combustibles, l’excellente tente compacte Big Agnes 3 places (format cyclotourisme), un matelas, et un sac de couchage léger haut de gamme adapté aux basses températures (confort -2 °C conseillé). Les nuits froides riment avec mauvais sommeil et mauvaise journée à moto le lendemain : si vous campez, ça vaut vraiment le coup d’investir ici.
Astuce pro : si votre équipement textile est mouillé et que vous avez ajouté un sursac (bivy) autour du sac de couchage, vous pouvez glisser vos vêtements humides au fond du sac de couchage. L’isolation combinée à la chaleur corporelle peut aider à sécher partiellement les textiles ; en 8 heures ce ne sera pas totalement sec, mais au moins ce sera plus confortable.
Hébergement
Autant que possible, nous avons logé chez des amis et de la famille pour réduire les coûts. Au total, cela nous a évité la tente 7 jours sur 31. Mais dans l’ensemble, le camping est une alternative économique aux hôtels et chambres d’hôtes. Nous avons presque exclusivement utilisé le sitepitchup.compour réserver à l’avance : c’est une ressource simple qui permet de sélectionner une fourchette de prix et une région afin d’optimiser selon vos préférences.
Malheureusement, les annonces d’hôtes sont limitées à la Grande-Bretagne et à l’Irlande du Nord : il faudra donc faire un effort supplémentaire pour réserver des campings en République d’Irlande.
Par ailleurs, même si le bivouac est possible dans certaines zones d’Angleterre, du Pays de Galles, d’Irlande et plus librement en Écosse, il est souvent difficile de savoir si vous êtes réellement en bivouac… ou si vous vous êtes installé sans le savoir sur un terrain privé. Pour éviter de vous faire déloger à 2 h du matin, mieux vaut soit faire vos recherches en amont, soit opter pour un camping basique à moindre coût. Vous vous remercierez au réveil, reposé.
Le site Mad or Nomad propose une page « Motorcycle Friendly UK Campsites ». Elle contient une Google Map avec plus de 100 sites recommandés. Cela facilite la recherche d’un camping sur votre itinéraire : pas besoin de chercher des lieux, zoomez simplement sur votre destination et vous verrez ce qui est disponible.
Préparation de la moto
Avant le départ, ma Sprint étant plus ancienne que la TRK et affichant déjà environ 34 000 miles, elle avait besoin de travail. Optimiste (et un peu radin), j’ai ignoré un maximum de choses avant de partir… ce qui, au final, a rendu le voyage à la fois agréable et pénible. Le conseil ici : assurez-vous, autant que possible, que votre moto est capable d’encaisser le périple avant de vous lancer. Des pneus usés et des pièces qui commencent à corroder ne sont pas de bons signes pour une tournée sans souci.
Planification de l’itinéraire
Tout au long de ce blog, je fais référence à des itinéraires recommandés publiés dans Bikers’ Britain, un guide qui propose 44 routes et recommande plusieurs tours à travers la Grande-Bretagne. Offert en cadeau, je m’en suis servi pour être sûr d’inclure un maximum de choses. Actuellement dans sa deuxième édition, vous pouvez le trouver surAmazon.
L’auteur de Biker’s Britain, Simon Weir, a écrit plusieurs guides sur Mad or Nomad, dont ses meilleurs conseils de planification et ses destinations favorites. Vous pouvez les retrouver, ainsi que tous les guides touring de Mad or Nomad, dans la section touring ci-dessous. Et visitez la sectionUK Destination Guidespour d’autres ride reports au Royaume-Uni.
Les South Downs et le Sud-Est
Infos itinéraire
Le ride commence auLoomies Moto Caféau cœur des South Downs, un dimanche matin chaud. Pour ceux qui connaissent le coin, Loomies est le café motard parfait. Il est niché au milieu de longues routes sinueuses et de forêts vertes, et juste à côté d’une station-service : vous pouvez donc faire le plein, vous et votre moto, à un prix correct. Jess et moi enfourchons nos motos et prenons l’A32 vers le sud, direction la côte. Dans deux jours, nous serons à Lowestoft avec les 500 premiers miles dans les jambes.
Compte-rendu
Arrivés à Portsmouth, nous avons filé vers l’est le long de la côte, enchaînant des A-roads ouvertes qui traversent des zones urbanisées : des teintes grises et vertes défilent, des visages flous passent, et l’ensemble accompagne cette vision cinétique. Peu après, nous ralentissons pour notre premier arrêt et prenons un rafraîchissement à Newhaven Fort. En repartant, nous ignorons Hastings et Battle Abbey, déjà vus lors d’excursions précédentes. Cela dit, si c’est votre première fois sur la côte sud, ces deux lieux chargés d’histoire sont incontournables, ne serait-ce que pour les bâtiments pittoresques et les photos. Nous remontons vers le nord sur l’A21 en direction de Wadhurst pour notre premier emplacement auRainbows End Campsite. Un champ simple, avec peu d’équipements.
Le lendemain, nous quittons le camping à 5 h et redescendons au sud sur l’A21. De retour sur la côte, nous sommes à Dungeness. Plusieurs points d’intérêt sur ce littoral historique se vivent mieux qu’ils ne se lisent : les Dungeness Sound Mirrors (construits avant la Seconde Guerre mondiale comme système d’alerte précoce contre les raids aériens) ; Prospect Cottage, le refuge personnel du regretté Derek Jarmin ; et le monument du Dover Patrol. Tout cela nous occupe une bonne partie de la matinée.
Les 260 miles restants de cette étape nous laissent le temps d’admirer Kingsgate Arch près de Margate avant d’affronter le tunnel de Dartford, très chargé, pour entrer en East Anglia. Sous un soleil qui nous cuit toute la journée, nous arrivons à Battlesbridge avec l’idée de visiter une petite collection de motos se faisant passer pour un musée, dans une sorte de village d’antiquaires. Même si le musée est fermé, Battlesbridge vaut largement le détour si vous aimez chiner ou si vous êtes nostalgique des jeux rétro et de la marchandise « années 90 ». On y trouve aussi un camping au milieu de ce paradis des chineurs, et un pub à prix raisonnables. Il ne nous faut pas longtemps avant de subir à nouveau la chaleur estivale et de continuer le long de l’A12 jusqu’à notre emplacement près de Lowestoft.

Les East Midlands
Infos itinéraire
L’idée pour les deux prochains jours est de faire un maximum de miles à travers le Lincolnshire et la zone du Humber vers le Yorkshire, afin d’attaquer la très attendue NC500. Avec deux jours pour couvrir 426 miles, nous roulons tranquillement en quittant le camping à 9 h.
Compte-rendu
Le troisième jour, nous quittons Beccles en prévoyant de revenir vers la côte par l’A143. Mais, à cause d’une erreur humaine et d’une préparation insuffisante, une mauvaise direction en entraîne plusieurs autres : malgré un GPS correct, la version de moi-même du jour ne l’était pas.
Pour rattraper le temps perdu, demi-tour : nous repassons à toute vitesse près de Beccles, direction Norwich via l’A146. Gardez en tête qu’on roule vers une grande ville vers 10 h sur une A-road : le trafic est léger et la conduite agréable. Souvent à l’ombre des arbres, la route est facile et nous permet de retrouver la bonne trajectoire ; une fois Norwich dépassée, nous repartons vers la côte par l’A140.
En remontant vers le nord, nous faisons des allers-retours entre littoral et campagne, traversant des stations balnéaires et de courts tronçons sinueux. Nous prenons le temps de faire une pause et de rendre la chaleur plus supportable. Je repère des panneaux pour un musée militaire : nous nous arrêtons pour quelques photos des pièces exposées à l’extérieur. Si l’histoire militaire vous intéresse, laMuckleburgh Military Collectionà Weybourne présente divers véhicules, des expos interactives, et vous pouvez même conduire un char.
Yorkshire et au-delà
Compte-rendu
Le lendemain matin, nous partons vers Hull par l’A15. Nous avons choisi cette route pour profiter des vues panoramiques sur l’estuaire du Humber depuis le Humber Bridge, un pont suspendu à travée unique de 2,2 km offrant une entrée spectaculaire vers la région du Humber puis le North Yorkshire. C’est un pont à péage, mais gratuit pour les motos et trikes.
Nous quittons la côte pour suivre l’un des itinéraires recommandés par Bikers’ Britain, ce qui nous amène sur l’A63 avant de revenir en boucle vers Hull. Ne souhaitant pas traverser Hull, nous adaptons l’itinéraire.
Nous nous arrêtons devant un pub fermé et un type au look « Hell’s Angel » nous interpelle. Il est massif, impressionnant, barbe épaisse et crâne rasé. Il s’approche avec un air sérieux, en poussant un chien dans une poussette et en tenant un autre en laisse. En arrivant, il sourit et dit : « Allez au Seaway Café à Fridaythorpe, c’est ouvert. »
Ce café motard sur la B1251 offre une pause bienvenue aux motards du Yorkshire, avec de la bonne bouffe et des boissons à prix corrects. Après avoir mangé, nous restons sur les B-roads et poursuivons sur les collines ondulantes vers Scarborough. Les rues sont pleines de piétons, les boutiques regorgent de souvenirs colorés et de babioles. Si vous faites un tour côtier du Royaume-Uni, passez une heure à Scarborough : mangez un paquet de chips avec un shandy (panaché). Il y a quelque chose de sain et authentique dans l’idée des vacances balnéaires « à l’anglaise », et Scarborough capture cela à merveille.
Nous quittons « Scarbados » par l’A171 et roulons à bon rythme à travers le North Yorkshire Moors National Park. Ces routes sont peuplées de moutons et d’autres bêtes au pâturage en quantité étonnante. Le secteur vous éblouira par sa beauté naturelle, ses collines, et sa ligne d’arbres d’un vert net. Vous pouvez tracer un itinéraire dans n’importe quelle direction dans les North Moors : vous croiserez forcément d’autres motards. Nous roulons jusqu’au coucher du soleil avant d’arriver dans notre champ àLittle Haven Farm.Seuls clients, nous plantons la tente et allons dormir.
Le Nord-Est
Compte-rendu
Le jour 5 sur 32 commence par une portion sur l’A66, au-delà de Darlington, puis dans la North Pennines AONB. Juste au nord de Teesdale, nous nous arrêtons auHigh Force Waterfall Hotel, payons une petite somme pour se garer et marchons 30 minutes pour admirer la cascade du même nom.
Pour un autre petit supplément, l’hôtel donne accès à un chemin privé qui permet d’atteindre la cascade en 15 minutes. Mais vous ratez une marche plus agréable et, puisque vous avez déjà payé le parking, pourquoi dépenser plus ? La River Tee’s offre beaucoup si vous passez un peu de temps hors de la moto, et la courte randonnée vaut le coup pour profiter du point de vue. Nous repartons à 13 h 30, direction l’Écosse.
L’Écosse et ses Borders
Infos itinéraire
Le plan initial en entrant en Écosse était de terminer le jour cinq par une nuit en bivouac à St. Abbs, mais (comme expliqué dans la section hébergement), sans recherches, vous risquez de vous faire déloger la nuit. Nous choisissons donc un camping à Coldstream.
Compte-rendu
En quittant High Force Waterfall, il nous restait 100 miles de B-roads sinueuses. Nous montons au nord par la B2677 avant de tourner à droite vers St. John’s Chapel, puis continuons à zigzaguer vers le nord de village en village. Lanehead vers Allenheads, Allenheads vers Sinderhope, puis Haydon Bridge où nous trouvons l’A69 vers l’est pour rejoindre l’A68. En entrant dans le Northumberland National Park, nous passons devant le « Last Café in England » autoproclamé. Après avoir vidé un plein, Jess et moi nous demandons quand nous avons dépassé la dernière station-service en Angleterre ! Sur la réserve, nous atteignons la frontière écossaise.
Nous faisons une pause pour contempler le vaste paysage qui s’ouvre devant nous. Et bien sûr, il y avait de la cornemuse…
La lumière baisse et nos réservoirs sont presque vides : nous montons prudemment jusqu’à Jedburgh, faisons le plein et prenons un café avec deux autres motards. Après quelques histoires échangées, nous repartons sur l’A68 vers Kelso, Eccles, puis arrivons à Coldstream.
S’il fallait définir un « étalon-or » des campings de ce tour, leColdstream Caravan and Campsite Holiday Parkserait celui-là : installations excellentes, personnel sympa et arrangeant. Nous nous posons, sortons le réchaud et nous cuisinons un repas simple mais satisfaisant.

Régions Central, Tayside et Grampian
Infos itinéraire
En quittant la zone des Borders, le plan était de couvrir environ 350 miles en passant au-delà d’Édimbourg, puis Central, Tayside et jusqu’au littoral nord de Grampian, planter la tente àACE Hideaways Campsiteet repartir frais le lendemain pour faire le tour du Loch Ness et attaquer la NC500. Ça ne s’est pas passé comme ça. Voici ce qui s’est passé.
Compte-rendu
En quittant Coldstream au jour six, nous remontons par l’A697 vers Édimbourg, en coupant une grande partie de notre route côtière initiale depuis St. Abbs. L’A720 nous contourne Édimbourg, puis nous rejoignons une route presque parallèle à la M9. L’A904/905 nous fait passer Stirling jusqu’à l’A84, puis Doune. Nous atteignons Doune Castle vers 8 h : c’est là que Outlander a été tourné, et le château a aussi servi de Winterfell dans Game of Thrones, mais surtout, il apparaît dans la quête du Graal des Monty Python.
Les touristes affluent à l’ouverture : nous remontons sur les motos et partons vers la côte par l’A820. Jess et moi passons par Dunblane : il n’y a rien qui évoque le massacre de 1996, mais c’était un détour qu’on se devait de faire. Le soleil est haut et l’air chaud sur l’A93, qui nous mène au-delà de Balmoral Castle. Acheté par le prince Albert en 1856, c’est toujours la résidence des Highlands de la famille royale.
Nous montons plus au nord et, voyant des nuages gris menaçants au loin, nous modifions légèrement l’itinéraire pour rester au sec le plus longtemps possible. Ce choix heureux nous amène à rencontrer deux des personnes les plus gentilles que j’aie jamais croisées. Même si ce ne sera pas forcément votre expérience, je dois la raconter : elle rappelle qu’il y a du bon chez les gens, et que certains vous aideront sur la route.
Quelque part sur une route entre Aberdeen et Inverness, les revêtements dégradés et les virages serrés me valent une crevaison à l’arrière. Nous nous arrêtons pour réparer. Dans le creux de la vallée suivante, on repère une maison et on se met sur un lay-by juste avant l’entrée de la propriété. À peine arrêtés, un homme âgé et son petit-fils sortent pour demander ce qui se passe et s’ils peuvent aider. J’essaie plusieurs fois de réparer avec un kit de mèches « plug-n-go ». Échec. J’appelle le RAC : « Aucun patrouilleur disponible dans votre zone. »
La nuit tombe, le froid arrive, et après six heures d’appels, nous ne sommes toujours pas dépannés. Mais nous avons été mis à l’abri de la pluie, servis plusieurs cafés, nourris d’un repas chaud, et on nous a proposé un lit pour la nuit, par un homme qui ne voulait rien en échange. Lui et son petit-fils étaient heureux d’aider deux personnes dans le besoin. Grâce à leur gentillesse, un moment potentiellement très inconfortable est devenu l’un des meilleurs souvenirs partagés du voyage. Nous sommes toujours en contact et nous leur avons envoyé un colis de remerciement.
Le lendemain, enfin, nous sommes pris en charge. La Sprint dans un fourgon et Jess suivant avec sa TRK 502X, nous atteignons Buckie et Tred Rite Tyres pour un remplacement. En milieu d’après-midi du jour sept, nous mettons le cap sur la NC500.
La NC500
Infos itinéraire
En partant d’Inverness, il est possible de boucler la NC500 en 24 heures, mais nous avons prévu trois jours pour ces 500 miles. Si vous voulez la faire et repérer les points d’intérêt recommandés, je vous conseille northcoast500.com : vous pourriez vouloir y consacrer plus de temps selon ce que vous souhaitez voir.
Compte-rendu
Nous prenons l’A9 vers John O’Groats et rencontrons la pluie pour la première fois du voyage. Quand nous arrivons dans la ville la plus au nord de la Grande-Bretagne, le camping réservé nous appelle et nous propose un surclassement gratuit : du champ vers une annexe de la maison principale, à cause de la pluie. Reconnaissants, nous continuons par Thurso jusqu’à une maison construite en 1904 par la RSPBA, près d’un sanctuaire d’oiseaux.
Jour huit : on enfile et on enlève les vêtements de pluie au gré des éclaircies. Sur la côte vers Durness, nous nous arrêtons à Smoo Cave avant de poursuivre vers la B801 direction Badcall, où nous trouvons une ancienne école transformée en restaurant. Appelé « The Old School », il faut arriver avant la fermeture à midi. Nous recommandons un petit-déjeuner complet. Nous suivons l’itinéraire jusqu’àArdmair Camping Parkpour une nuit au bord de la mer… infestée de midges.
Troisième jour de NC500 (jour 9 sur 32 au total) : nous redescendons par l’A835 et filons droit vers l’Applecross Pass. La météo est particulièrement mauvaise : fortes pluies et brouillard épais. Des véhicules font demi-tour pour éviter le col, mais il est sur notre route, donc nous persistons.
Ce passage préhistorique dompté par une route moderne se savoure mieux par beau temps : on a l’impression de voyager dans le temps. Mais avec une visibilité de quelques mètres et des vents autour de 40 mph, c’était une tout autre expérience. Nous nous réchauffons avec un café grâce au réchaud, puis continuons au-delà de Lochcarron pour terminer la NC500 et revenir à Inverness.
Île de Skye puis Argyll and Bute
Infos itinéraire
Le jour 10 commence auKessock Caravan Siteà Inverness et se termine après une boucle sur l’île de Skye puis une descente jusqu’à Glenshiel, soit 250 miles. Ensuite, nous continuons vers le sud pour encore 250 miles jusqu’à Clyde. L’Écosse nous dévoilant enfin sa vraie beauté, il est difficile de partir. Mais nous avons un planning à tenir et beaucoup de miles devant nous.
Compte-rendu
Au lever, nous quittons le camping de North Kessock. En une heure, nous traversons les Highlands par l’A832 et arrivons au café au nom ironique d’Achnasheen : The Midge Bite. Après avoir été agacés par ces démons ailés, nous ne trouvons pas ça drôle… mais sans café ni petit-déj, on s’arrête. Très bon choix : service au top, nourriture délicieuse.
Rassasiés, nous ouvrons la poignée et continuons vers Skye. Nous réservons une visite de laTalisker Distillery— incontournable si vous faites la boucle de Skye. L’A87 est l’unique route d’accès à Skye. En traversant depuis Kyle of Lochalsh, les vues sont spectaculaires, pluie ou soleil : nous avons eu les deux.
La boucle de Skye correspond au tour n°33 de Bikers’ Britain : chaque mile est saisissant, chaque tronçon de côte donne envie de revenir. Prévoyez une journée, mais pour vraiment profiter de Skye, il faut rester plus longtemps. Nous repartons par le Skye Bridge (A87) alors que le soleil se couche, illuminant les forêts d’une lueur ambrée hypnotisante. Nous poursuivons au sud sur l’A87 jusqu’auGlenshiel Campsite.
Argyll and Bute nous offrent un matin net et lumineux, et chaque virage sur l’A87 est un plaisir. Pendant l’heure suivante, nous descendons sur l’A82 vers Spean Bridge, où nous nous arrêtons au Commando Memorial pour rendre hommage.
Nous continuons au-delà de Fort William vers Oban et Stalker Castle. La boucle d’Oban est un autre itinéraire sensationnel : elle vous mène par l’A816 jusqu’à Lochgiphead, puis l’A83 au nord le long du Loch Fyne. La boucle d’Oban tourne à gauche sur l’A819 vers Inveraray, mais notre route continue de l’autre côté du loch vers Strachur via l’A815.
L’un des meilleurs moments est d’atteindre Hunters Quay et de prendre un court ferry à travers le Clyde. Avec tant de traversées possibles sur la côte ouest, je vous conseille d’en faire au moins une. Par beau temps, c’est un vrai plaisir et une occasion d’avaler des miles sans effort… sans même tourner la poignée.
De l’autre côté, nous rejoignons l’A78 et descendons vers Inverkip et notre camping àSouth Whittlieburn Farm.

Notre dernier jour en Écosse
Infos itinéraire
Notre dernier jour en Écosse nous fait parcourir 248 miles au sud, le long de la côte puis à l’intérieur des terres jusqu’à Ecclefechan. En roulant tranquillement, nous profitons des routes et de chaque virage.
Compte-rendu
Avec un peu plus de temps, au lieu de suivre directement l’A78 vers le sud, nous aurions passé une heure ou deux dans le magnifique Clyde Muirshiel Regional Park. Le plus grand parc régional d’Écosse couvre 108 miles carrés et, si vous venez en été, c’est un incontournable pour les gros rouleurs.
Mais pour nous, les heures suivantes se passent à descendre la côte sur l’A77 vers Loch Ryan, en suivant la route au-delà de Stranraer et partiellement autour de la péninsule, puis en trouvant la route parallèle à l’A75 pour rejoindre Dumfries via Dalbeattie etSweetheart Abbey.
L’abbaye a été construite au XIIIe siècle par Lady Dervorguilla en l’honneur de son mari défunt, Lord John Balliol (les récits divergent). Localement, on dit que le site a été visité par le roi Édouard Ier en 1300, qui aurait déclaré : « Si ceci est l’Écosse, j’en veux davantage », un sentiment étrangement facile à comprendre à ce stade du voyage.
Si vous faites l’Écosse dans le sens antihoraire, pensez à passer par Sweetheart Abbey sur la route de Gretna Green.
Après encore une heure de route, nous arrivons auEcclefechan Hotel, un pub local tenu par un duo mère-fils venu d’Oldham, près de Manchester. Par beau temps, ils ouvrent leur beer garden aux campeurs cherchant un emplacement économique. Ici, bière et comfort food sont à deux pas !
Montagnes d’ardoise et lacs bleus
Infos itinéraire
En quittant l’Écosse par Gretna Green, nous roulons dans la Solway Coast AONB puis vers le superbe Lake District. Le jour 13 offre des petites routes de campagne, des voies étroites, des cols roulants et de longs lacs bleu azur, avant de quitter les spots touristiques pour passer la nuit à Kendal.
C’est l’une des journées les plus chaudes jusqu’ici, et les routes sont bondées. Mais l’avantage à moto, c’est qu’on peut remonter les files.
Compte-rendu
Nous entrons dans le Lake District National Park par Cockermouth via l’A66 vers Keswick et visons la B5289. Lors de précédentes visites, l’attraction principale avait toujours été Lake Windermere. C’est joli, certes, mais la B5289 est un ruban d’asphalte spectaculaire qui vous guide vers Honister Pass.
Nous nous arrêtons àHonister Slate Mines, un site populaire pour apprécier les ressources naturelles des collines abruptes de la région et acheter des ardoises décoratives avec numéros de maison. La route au-delà est tout aussi bonne, avec de nombreuses opportunités photo, dont plusieurs petits lacs en passant par Buttermere et Loweswater.
Nous prenons l’A5086 vers Egremont. Puis, en continuant sur l’A595, nous suivons le tour n°18 de Bikers’ Britain, ce qui permet, à une vitesse saisonnièrement modérée, d’avoir une galerie complète de paysages si vous voulez vous arrêter.
L’A595 traverse Ravenglass jusqu’au Duddon Bridge. Une meilleure planification nous aurait permis de boucler autour de Coniston Water puis de rouler le long de Lake Windermere. Après quelques erreurs et recalculs GPS, nous finissons auLakeland Motor Museum à Riverside.L’entrée coûte 10 £ et vous pouvez facilement y passer deux heures.
La journée avançant, nous rejoignons Kendal pour un camping improvisé grâce àKendal Rugby Club. Hors saison, le club maintient ses équipes en accueillant des événements et projets associatifs. Et, heureusement, ils recevaient aussi plusieurs groupes de campeurs. Les installations étaient impeccables et le terrain sécurisé. Même s’ils indiquent que les véhicules doivent rester au parking, ils comprennent que les motards aiment garder la moto près d’eux. Ils autorisent donc gentiment l’accès des motos à la zone de camping. Si vous visitez le Lake District avec une tente et cherchez un site pratique et économique, Kendal Rugby Club est une option à considérer.
Liverpool
Infos itinéraire
De Kendal à Liverpool, la route est majoritairement côtière via Blackpool, puis Southport, et l’A565 jusqu’à Liverpool. Nous passerons quelques jours à nous reposer à Liverpool avant de prendre le ferry pour l’Irlande. Ce qui est génial en tant que motard dans le Merseyside, c’est qu’en une heure vous pouvez faire une boucle qui mélange ville et campagne, plages et jetées, puis revenir pour admirer la skyline de toute la ville.
Compte-rendu
Nous roulons d’abord parallèlement à la M6 via Lancaster puis Poulton-le-Fylde, avant de retrouver la côte vers deux de mes stations balnéaires préférées.
Je me dis souvent que Blackpool ne s’apprécie vraiment qu’à travers l’idéal de la station balnéaire, car la réalité n’est ni strass, ni glamour, ni lumières éclatantes. C’est plutôt des attractions fatiguées, des hébergements usés, du kitsch et des ampoules grillées le long d’une promenade d’illuminations. Malgré tout, j’ai toujours aimé Blackpool. Le meilleur moment pour y passer à moto, c’est l’hiver, quand le front de mer est illuminé, avec feux d’artifice et ambiance électrique. Mais au jour 14, saturée de touristes à cause du meeting aérien de la RAF, la circulation n’avançait presque pas et sans interfiles possibles, Jess et moi avons eu du mal à en profiter.
Nous retrouvons un bon rythme après Lytham St Annes. En traversant Preston, nous suivons l’A59 avec un détour vers Hesketh Bank : rouler sur Marine Drive NCN62 ouvre une vue sur le RSPB Marshside, et à la bonne vitesse avec peu de trafic, cela fait une entrée très agréable vers Southport.
En descendant Marine Drive, vous arrivez à Southport Pier. Si vous venez le week-end, comme nous, le manège Silcock’s Carousel attire souvent un petit groupe de motards : ça vaut l’arrêt pour manger des frites ou une glace.
Nous restons juste assez pour profiter de l’ambiance puis descendons l’A565 vers Liverpool. Mais à 15 miles de l’arrivée, nouvelle panne : la vis « rosebud » du sélecteur a cassé, nécessitant une réparation temporaire jusqu’à ce qu’une pièce puisse être livrée plus tard sur le tour. Assurez-vous que votre moto est bien préparée et que tous les composants sont contrôlés visuellement pour repérer l’usure et les dégâts.
Nous fixons un boulon en remplacement de la vis d’origine et retrouvons un ami pour une vieille boucle préférée dans le Merseyside. Départ à Pimbo sur l’A577, direction nord en s’éloignant de la M58. En suivant l’A577, prenez la quatrième sortie au deuxième rond-point, puis continuez tout droit à chaque rond-point successif jusqu’aux panneaux Newburgh et Parbold. Tournez à droite sur l’A5209 et montez Parbold Hill jusqu’au pub Miller and Carter au sommet de Parbold bottle. Par temps clair, vous pouvez voir toute la skyline de Liverpool au loin.
En revenant vers Newburgh puis vers Burscough, vous pouvez soit tourner à droite sur l’A59 (vers Southport via Marine Drive), soit continuer tout droit jusqu’à l’A570 Southport Road.
Sur l’A570, tournez à gauche sur Gorsuch Lane vers Lydiate. Cette route longue et fluide traverse fermes et champs jusqu’à un pub au toit de chaume : le Scotch Piper. C’est l’un des plus anciens du coin et il était très fréquenté par les motards. Malheureusement, il a perdu une partie de son charme brut, mais la route reste aussi agréable. En repartant vers le nord, comme à l’aller, tournez à gauche au New Scarisbrick Arms et suivez la B5195 jusqu’à l’A565. En tournant à gauche vers Crosby, vous pouvez suivre la route jusqu’à Liverpool et ses Dock Roads, ou bifurquer vers Crosby et l’exposition permanente d’Anthony Gormley, « Another Place », sur Crosby Beach. Cette œuvre spectaculaire compte 100 silhouettes en fonte grandeur nature, réparties sur 3 km de plage. Quel que soit l’itinéraire, vous trouverez de nombreux pubs, cafés ou boutiques pour un café ou un snack.

L’île d’Émeraude
Infos itinéraire
Nous campons la nuit du jour 17 en périphérie de Dublin auCarmac Valley Tourist Caravan and Camping site. Le plan est de couvrir 280 miles en entrant en Irlande du Nord et en passant par Londonderry. Nous nous poserons ensuite dans un autre champ avant d’attaquer la Wild Atlantic Way frais le lendemain.
Compte-rendu
Après juste assez de recherches pour savoir qu’il n’y avait rien de vraiment marquant en longeant la côte au nord de Dublin, nous choisissons de gagner du temps et faisons les 70 premiers miles sur la M1. En passant par Belfast puis l’A8, nous atteignons la route côtière à Drains Bay, juste après Larne. De là jusqu’à Ballycastle, nous longeons l’eau sur de superbes routes en falaise, avec des vues mer : premiers vrais grands plaisirs de conduite en Irlande.
Chaque grande courbe de l’A2 est une opportunité photo. Le détour par la B15 nous colle à la côte avant de revenir sur l’A2, où le trafic se densifie avec les touristes à l’approche de la Chaussée des Géants. C’est noir de monde et les gens font la queue pour un parking à des tarifs délirants. Nous arrivons auCauseway Hotel, faisons demi-tour, et repartons aussitôt.
Cependant, si vous voulez vraiment y aller : passez la file, garez-vous à l’hôtel et prenez une boisson au bar ; à l’intérieur, vous pouvez valider le stationnement et rester dans ce parking privé toute la journée si vous le souhaitez. Nous traversons Portballintrae, un endroit paisible avec une belle vue. Visitez ce village et allez jusqu’à la baie.
L’A37 nous traverse le reste de l’Irlande du Nord jusqu’à Londonderry. Marquée par les Troubles, la ville de Derry montre encore des traces de son passé au visiteur de passage. Avec des fresques de l’IRA sur des bâtiments du centre et des quartiers en mauvais état, on se demande si la ville et ses habitants ont guéri du conflit. J’imagine que les Troubles feront toujours partie des fondations de Derry. Nous quittons l’Irlande du Nord et allons sur une ferme juste après Letterkenny pour y planter la tente.
La Wild Atlantic Way
Infos itinéraire
La Wild Atlantic Way fait 1 600 miles du début à la fin : c’est la plus longue route côtière d’Europe. Idéalement, il faut y consacrer sept jours, car l’état de certaines routes ne permet pas d’avancer vite. Mais Jess et moi ne nous sommes accordé que quatre jours (dont un jour dans le Kerry pour voir des amis).
Nous avons complètement sous-estimé le temps nécessaire pour la Wild Atlantic Way et avons dû couper quelques centaines de miles de notre itinéraire initial pour rattraper le retard. Résultat : environ 67 % de la route. Vous ne ferez peut-être la Wild Atlantic Way qu’une seule fois, alors essayez de tout faire : elle porte bien son nom.
Compte-rendu
Nous nous levons tôt au jour 19 àFinn Farmà la périphérie de Letterkenny. Au lieu de rejoindre la WAW en passant par Glenveagh National Park vers Gortahork via la R256, nous coupons directement vers Donegal par la N15. Quand nous repérons le premier panneau « Slí an AtlantaighFhiáin » près de Donegal, le jour perce les nuages et révèle le décor qui nous suivra pendant quatre jours.
Une raison de consacrer sept jours à la WAW : la route propose des belvédères tous les 20 à 30 miles. Même si vous ne voulez pas vous arrêter à chaque fois, prenez le temps d’en apprécier quelques-uns.
Depuis Donegal, nous suivons la route du mieux possible en alternant N-roads et R-roads. En passant par Sligo puis en allant vers l’ouest sur la N59, la signalisation permet de rester sur le littoral. Nous longeons Ballycroy Wild Nephin National Park, qui illustre parfaitement la beauté et les paysages indomptés de la WAW, et nous avions prévu de nous arrêter sur Achill Island. Mais faute de temps, impossible.
Après avoir sous-estimé le temps pour traverser l’arrière-pays, nous arrivons tard le soir auRenvyle Beach Caravan and Camping Park.Excellentes installations et emplacement face à une belle plage : je le recommande vivement dans votre itinéraire. Pluie ou soleil, c’est un endroit superbe.
Le lendemain, nous visons 385 miles pour rejoindre la maison d’un ami à Dingle. Départ de Renvyle Beach à 6 h, retour vers Tully par la route d’accès à la plage. Rapidement, nous passons Letterfrack et partons vers l’ouest sur la N59. Au-delà de Letterfrack, avec tant de miles à couvrir, nous ne pouvons pas nous permettre de parcourir chaque péninsule, et pourtant, les routes proches de la WAW ont énormément à offrir.
Nous restons sur la N59 jusqu’à Clifden, puis descendons sur la R341. Les routes deviennent plus étroites et moins bien entretenues, mais offrent toujours des vues superbes en roulant parallèlement aux rives de Salt Lake.
De l’autre côté, nous traversons au plus direct le Roundstone Bog. Cette impressionnante tourbière s’étend sur plusieurs kilomètres carrés et exprime la vraie nature sauvage et isolée de l’Irlande. La route n’est pas compliquée, mais elle vaut largement le coup.
De retour sur la R341 après la tourbière, nous continuons sur la R342 vers l’est en direction de Castle Demesne, puis reconnectons la WAW sur la R336 et suivons la côte jusqu’à Galway.Cette ville est décrite comme sauvage et bohème, pleine de culture, de musique, de restaurants artisanaux et de bars avec une vie nocturne phénoménale.
La N67 puis la R477 nous mènent plus au sud vers l’une des merveilles naturelles les plus impressionnantes d’Irlande — et un autre piège à touristes en haute saison.Les falaises de Moherfont 14 km de long et culminent à 241 m : la vue vous coupera le souffle. Malheureusement, vous devrez partager ce moment avec énormément de monde, et pire : il n’existe pas de point de vue alternatif « vierge » de touristes. Peu importe les routes secondaires, le plus proche d’un pique-nique en falaise sans tourisme se trouve à environ 25 m… via une piste de ferme. Bon courage. Si, comme nous, vous cherchez un intérêt moins bondé, ouvrez la poignée le long de la côte vers Ennis.
En remontant au nord par un réseau de petites routes, vous arrivez au Burren National Park. Votre GPS va travailler : l’itinéraire peut devenir complexe. Visez Cloon, puis continuez sur un chemin étroit qui peut facilement être pris pour une allée privée. À mi-parcours, vous verrez une maison banale au sommet d’une allée banale : vous saurez que c’est là.La ferme Glanquin Farmhousea servi de maison paroissiale de Craggy Island (la maison du Père Ted) entre 1995 et 1998. Et si vous continuez vers Gurrane Upper puis Lemonfield, vous passerez par un autre décor culte : le site du pique-nique « Old Grey Whistle Theft ». Les routes sont piégeuses, prudence. Mais les fans de la sitcom de Channel 4 seraient fous d’être venus si loin sans faire la photo.
De retour à Ennis au coucher du soleil, sous la pluie qui commence, nous traversons rapidement Limerick puis partons pour le County Kerry par la N69, en passant par Tralee et Inch West.
Une journée de pause permet une visite de Dingle, un moment sur la plage, et un après-midi à vraiment s’imprégner de la culture des pubs traditionnels irlandais, où des gens se réunissent avec des instruments, sans autre plan que boire de l’ale et chanter des airs trad. Il est facile d’imaginer tous les pubs irlandais identiques ; après en avoir vu quelques-uns, celui-ci était une rare nouveauté.
Le Ring of Kerry
Infos itinéraire
Nous terminons la Wild Atlantic Way sur certaines des meilleures routes et les plus beaux panoramas du sud de l’Irlande, en commençant par le superbe Ring of Kerry. Si je revenais dans cette région, j’y passerais une journée entière. Mais nous avons encore des miles avant Granfeen, au sud de Cork : nous ne pouvons donc profiter de ce ride qu’une seule fois.
Compte-rendu
Les routes du Ring longent les falaises et offrent des vues et des photos incroyables par beau temps — sans filtre. La N70 en montre une grande partie, mais il existe des alternatives incontournables si vous ne faites qu’un seul ride.
Depuis la N70, prenez la route près de Caragh Lake et suivez-la vers l’intérieur, en remontant le cours d’eau vers Blackstones Bridge. Continuez au sud vers Dromstabla, Glencar et Kings Road jusqu’à Keas. Un peu plus loin, vous arriverez au Ballaghbeamer Gap.
Nous ne connaissions pas cette route : un local nous l’a recommandée. Ce fut un détour parfait : le paysage et les collines s’ouvrent sur une vue spectaculaire. Une route rurale, pleine de virages, dans une vallée rocheuse et d’un vert intense, précède ce panorama.
Si vous passez la journée dans le Kerry, faites le Ring en boucle et empruntez Ballaghbeamer Gap du nord vers le sud. En bas de la boucle, nous retrouvons la WAW sur la N70 et traversons Our Lady’s Bridge (Kenmare) puis la R571 le long de la côte vers une autre route mythique : le Healy Pass. Quand le Kerry devient Cork, le Healy Pass enchaîne ses plus beaux virages. La beauté du décor détourne l’attention de la vitesse : il faut peut-être le faire plusieurs fois pour vraiment savourer ce temple du pilotage.
En touchant la côte sud de Cork par la R572, les virages serrés de la journée se terminent. Mais pour les collines ondulantes et les vues ouvertes, il reste encore des heures de jour. Le paysage demeure d’un vert luxuriant, l’air est frais sous un ciel bleu, et nous roulons sur la N71 de Glengariff à Clonakitty.
Nous quittons la N71 sur la R600 versSextons Caravan and Camping Park, qui devait être notre hébergement de la 22e nuit… jusqu’à ce que nos amis de Dingle nous mettent en relation avec de la famille un peu plus loin, qui nous offre un lit. Toujours heureux d’éviter la tente, nous passons Sextons tandis que le soleil descend. Nous continuons via Timoleague et Maryborough, prenons de superbes photos de coucher de soleil, puis atteignons notre hébergement grâce à un groupe de jeunes musiciens ressemblant au groupe des années 70 T-Rex.
Parc national de Wicklow
Infos itinéraire
Les deux derniers jours couvrent les 300 miles restants pour boucler l’Irlande et revenir aux abords de Dublin. La plupart du temps, la route se ressemble, sans routes ni paysages particulièrement notables, jusqu’à l’entrée dans le parc national de Wicklow au jour 24. La WAW étant terminée selon nos critères, l’étape suivante est de retourner à Dublin pour le ferry retour vers l’Angleterre.
Compte-rendu
Nous partons sous un ciel gris et une bruine légère. On dirait que l’Irlande nous a donné tout son beau temps sur la côte ouest, et qu’il faut se mouiller à nouveau vers le nord. Nous suivons la R600 jusqu’au Duggan Bridge à Kinsale. La L3215 nous mène vers Nohoval, puis la L3218 au nord vers Ballyfeard.
Nous serpentons sur des L-roads jusqu’à dépasser Cork via la N40, puis rejoignons la N25 de l’autre côté de Lough Mahon. De Little Island à Dungarvan, par souci de vitesse plus que de récit, nous restons sur la N25. À Dungarvan, nous passons sur la R675 au-delà de Stradbally, via Boatstrand puis Tramore, avant de remonter et de traverser la River Barrow sur la N25, quittant le County Kilkenny pour entrer dans le County Wexford.
La R733 nous fait redescendre au sud pour revoir la côte autour de la Hook Peninsula. Nous roulons jusqu’au port de Slade, petit village tranquille avec un château en ruine et un ancien port. Fatigués et affamés, Jess et moi sommes d’accord : l’endroit gagnerait à avoir un pub ou un café. Malheureusement, ce genre de commerce ne survit pas là où il y a peu de monde. Nous grignotons une poignée de trail mix pour tenir, puis repartons.
Wellington Bridge nous mène à la R736 via Bridgetown et Tomhaggard, puis retour à la N25 avant de trouver notre emplacement à l’IOAC Camping and Outdoor Adventure Centre. C’est le plus grand camping où nous ayons planté la tente : c’est bruyant et animé jusqu’à (et au-delà) de l’extinction des feux soi-disant stricte de 23 h. Malgré tout, nous dormons quelques bonnes heures avant le dernier ride.
Dernier jour en Irlande : avec une centaine de miles tranquilles, nous pouvons partir à 10 h. La N25 via Wexford mène à une série de R-roads vers le nord. La R741/2 remonte via Blackwater, Killencooley Courtown et Castletown avant d’entrer dans le County Wicklow. La R750 au-delà d’Arklow suit la côte jusqu’à Wicklow town. De là, nous traversons par la R763 vers Annamoe, puis prenons la R755 au sud.
La R115 traverse certaines des plus belles collines d’Irlande, couvertes de fleurs sauvages violettes et orange, avec des routes sinueuses entre forêts et plaines ouvertes. Le paysage passe d’un chef-d’œuvre naturel à un autre, et c’est difficile à surestimer. Le parc national de Wicklow est un temps fort absolu et doit être visité. Si vous pouvez terminer votre tour d’Irlande par ce joyau, vous serez heureux d’avoir gardé le meilleur pour la fin : il rend hommage aux miles parcourus et vous donne envie de revenir, en vous rappelant pourquoi il faut venir plus tôt plutôt que plus tard. La R115 nous mène à la M50 et nous ramène à notre premier emplacement en Irlande, juste à l’extérieur de Dublin. Demain, retour en Angleterre.
Nord du Pays de Galles
Infos itinéraire
Jour 25 : nous sommes de retour en Angleterre, puis cap sur le Pays de Galles et une ferme près de Machynlleth pour deux jours, dans le cadre d’un événement « Adventure Gathering » sur mesure.
Compte-rendu
Depuis Liverpool via le Queensway Tunnel, nous suivons l’A41 jusqu’à Eastham. Nous nous arrêtons dans un repaire motard populaire : le Tap Pub. Surplombant la Mersey au coucher du soleil, dans un mélange d’orange et de violet, je jette un dernier regard sur une ville au caractère et à l’énergie inépuisables. La skyline de Liverpool, de l’autre côté de l’eau, est admirée autant par les locaux que par ceux de passage. Tout le monde s’accorde un instant, perdu dans ses pensées, autour d’une bière fraîche par une soirée chaude. Avec la scène capturée en photo, nous repartons vers le Pays de Galles et un petit village près de Mold.
Nous partons en fin de matinée vers Bangor. L’A55 s’ouvre devant nous et offre des vues spectaculaires sur la côte en passant Colwyn Bay puis Llandudno junction. Nous entrons dans Bangor par l’A5 — sans doute la meilleure façon de voir cette petite ville étudiante — et faisons un tour express incluant la jetée et l’université.
Le plan initial était de faire le tour complet d’Anglesey, tout en ne visitant ironiquement pas le circuit d’Anglesey. Faute de temps, nous traversons le Menai Bridge : je devais montrer à Jess la charmante ville voisine de Beaumaris et s’arrêter manger un fish and chips près de la jetée.
Nous reprenons la même route vers Bangor puis suivons l’A487 vers le tour n°25 de Bikers’ Britain : la boucle de Phwelli. Honnêtement, dans le nord du Pays de Galles, n’importe quel tracé en boucle sur une carte donne un ride magnifique, et vous pouvez varier les petites routes à l’infini pour adapter le voyage. Dans notre cas, nous avons fait environ 60 % du tracé recommandé, car cela complétait bien notre journée.
En allant vers Phwelli sur l’A487, nous sortons au Goat Roundabout pour prendre l’A499. Nous la suivons jusqu’à Llanaelhaearn puis bifurquons sur la B4417, que nous gardons jusqu’à Pengroeslon. Ensuite, B4413 vers Aberdaron et la côte, puis en quittant ce village, nous prenons la route à gauche vers Phwelli.
À l’approche de la fin de la boucle, le plaisir ne fait qu’augmenter. Nous passons Portmadog et arrivons à Britannia Terrace : une digue-pont traversant l’Afon Glaslyn, un petit estuaire aux portes de Snowdonia, où la route devient particulièrement spectaculaire.
L’A496 vous mène à Barmouth, avec des aperçus d’eau sur votre droite en descendant vers le sud. En continuant vers Pen-y-bryn, des falaises ondulantes vous accompagnent à gauche. À mi-parcours, une petite route latérale très facile à rater ressemble à l’entrée d’un domaine privé (et est annoncée comme telle). Pourtant, elle est accessible au public et mène à un pont à péage. Ce pont a des horaires d’ouverture, mais je ne peux pas dire à quoi il ressemble : il est fermé quand nous arrivons.
La route panoramique vers l’A470 et l’A493 est rapide. Nous suivons l’A493 sur 30 miles jusqu’à Dyfi Bridge, heureusement sans péage. C’est sur cette route que je remarque un nouveau souci : plus de frein arrière, la plaquette est complètement brûlée. Prendre des virages au coucher du soleil sans frein arrière n’est pas idéal pour profiter des routes galloises, mais cela force à ralentir et à savourer le décor.
Nous rejoignons une ferme près de Machynlleth pour un rassemblement intimiste d’environ 70 personnes, l’Adventure Gathering. Ma moto est la seule Sprint ; et la TRK de Jess n’est clairement ni une Triumph Tiger ni une BMW GS.
Les jours suivants sont faits d’échanges d’idées, d’opinions et d’histoires, suffisamment arrosés d’alcool local et accompagnés d’une bande-son soigneusement choisie par des musiciens du coin. Nous quittons la ferme au jour 27 pour réparer ma moto chez Ace Road & Race, garage moto à Llanidloes. Cela signifie malheureusement moins de temps de roulage loisir.
Nous avions prévu de visiter plusieurs lieux autour de Machynlleth, mais avec les réparations, nous n’en voyons que quelques-uns. Peu importe l’itinéraire que vous choisissez pour y aller, je recommande vivement de visiter ces endroits dans le nord du Pays de Galles : Betws-y-coed, Bala Lake, Pen-y-pass et le Horse shoe pass pour s’arrêter au célèbrePonderosa Café.
Sud du Pays de Galles
Infos itinéraire
L’Adventure Gathering était une version « Reader’s Digest » de ce que j’imagine être l’ABR Festival : un petit nombre de motards, chaleureux et solidaires, qui a rendu ces trois dernières nuits très reposantes. Mais les jours restants diminuent : il faut reprendre la route.
Nous suivons la côte vers le sud pendant un jour et demi, à travers le Pays de Galles vers Pembroke, puis vers Porthcrawl et Cardiff, avant de traverser le Prince of Wales Bridge et de revenir en Angleterre.
Nous faisons une halte rapide dans les Mendip Hills AONB pour admirer le célèbre Cheddar Gorge, puis trouvons l’un des plus beaux points de vue lointain sur le Pays de Galles que j’aie jamais vus.
Compte-rendu
Nous suivons la côte sur 195 miles vers Swansea. En quittant Machynlleth, nous commençons par l’A487 jusqu’à Aberystwyth puis continuons vers Cardigan. En passant Dogmaels et en suivant Pen-Y-Rhiw road, nous nous rapprochons du littoral avant de revenir sur l’A487 et de passer Newport. L’A487 continue vers St. Davids, en devenant une petite B-road en chemin. Le roulage est agréable, comme souvent dans le sud du Pays de Galles, mais rien sur notre route n’égale la beauté naturelle du nord, même si tout est luxuriant de champs verts et d’arbres.
L’A487 longe le Pembrokeshire Coast National Park. Après Newgale, nous continuons sur Welsh Road à travers le parc. Cette route suit la côte et les dunes : par ciel clair et routes vides, c’est des miles et des miles de cruising agréable.
La route continue vers Harlston West et suit d’autres B-roads le long de la côte jusqu’à St. Annes Head. Nous nous arrêtons pour voir le phare de St. Anne’s Head. Le vieux phare en lui-même n’a rien d’exceptionnel, mais les panoramas autour donnent une vue d’ensemble sur les collines côtières à venir et sur des zones industrielles au loin.
Après une simple pause pour se dégourdir et discuter avec des vacanciers en van, nous reprenons la B4327 vers Burton Ferry pour traverser le Cleddau Bridge jusqu’à Pembroke.
Une autre combinaison de B-roads nous éloigne de notre destination du jour : nous restons au plus près de la côte. Nous passons le site industriel de Valero Energy, aperçu depuis St. Anne’s Head, puis enchaînons d’autres B-roads via Newton, Axton hill et Freshwater East.
L’A4139 via Jameston nous mène à Tenby. Nous remontons ensuite l’A478 pour rejoindre l’A477. Le prochain virage à droite nous éloigne de l’A40, en suivant des routes sinueuses vers la petite ville de LLansteffa. C’est un charmant village de bord de mer, avec peu de boutiques, un pub et une plage préservée. À notre arrivée, le soleil se couche et nous sommes prêts à terminer la journée. Nous rencontrons notre hôte, plantons la tente, mangeons, dormons — pour la première fois depuis trois nuits sur une surface plane — et redécouvrons l’appréciation des champs basiques.
Jour 30 : l’Angleterre en ligne de mire. Nous partons à 6 h, direction Porthcawl. Pour gagner du temps, nous prenons directement la M4, passons Swansea et Port Talbot, et sortons à la jonction 37. L’A4229 nous mène à l’attraction surf de Coney Beach à Porthcawl, où nous arrivons vers 10 h. Grand soleil, ciel bleu, et la plage est bondée de locaux et touristes prêts à surfer.
Nous avions prévu de prendre le petit-déjeuner, mais la foule nous décourage et nous reprenons la M4 vers Cardiff et le Prince of Wales Bridge.
De retour en Angleterre, nous prenons la M5 sud jusqu’à la jonction 20, puis direction Cheddar Gorge. La B3133 mène à l’A38 et aux Mendip Hills AONB. Nous suivons la route à l’est pour entrer dans Cheddar Gorge par le côté sinueux non piétonnier. En prenant par erreur la route panoramique, nous entrons finalement par la B3771. Tout ce qu’on attend du Gorge est au rendez-vous : ça commence doucement, puis ça enchaîne des virages plus appuyés le long de falaises abruptes. De multiples opportunités photo, et des parkings et lay-bys sûrs pour s’arrêter. Si vous avez plus de temps que nous, faites-la deux ou trois fois et prenez la photo « parfaite » : votre vous du futur vous remerciera.
En roulant calmement sur la portion piétonne, vous verrez boutiques souvenirs, restaurants et bars — à explorer à pied si vous avez le temps — mais même en passant lentement, l’ambiance se ressent.
L’A38 puis l’A39 nous font traverser les Quantocks. En quittant puis en rejoignant l’A39 vers notre camping, nous traversons plusieurs villes côtières. Ce qui frappe surtout ici, c’est à quel point les routes de cette région sont raides et techniques. Chaque épingle s’accompagne de pentes pouvant atteindre 40 degrés, ce qui nous rend heureux d’avoir fait le tour dans le sens antihoraire. Pour une débutante comme Jess, commencer par ces routes aurait donné un ton intimidant si nous avions roulé dans l’autre sens.
Mais il y a peu de trafic et, lorsque nous atteignons Porlock Hill sur l’A39, tout en vaut la peine. Nous repérons un parking au loin et nous arrêtons : il offre la vue la plus spectaculaire sur le sud du Pays de Galles. Nous distinguons au loin l’endroit d’où nous sommes partis le matin même.
Nous quittons l’A39 à Lynmouth et suivons des routes côtières à travers l’Exmoor National Park jusqu’àWatermouth Valley Camping Park.Ce site agréable propose douches chauffées, laverie, food trucks, et même une petite ferme pédagogique. Malgré son côté familial, le camping y est idéal. Et l’idée de ne passer qu’une seule nuit de plus en tente est encore meilleure !
Land’s End et le drapeau à damier
Infos itinéraire
Les derniers miles approchent vite. Il n’y a que quelques points d’intérêt entre nous et notre retour au point de vue de Portsmouth à Route 66 Burger, et nous sommes excités ! Le plan : rouler tranquillement jusqu’à Land’s End sur deux jours et faire la photo obligatoire « End to Enders ». Ensuite, nous longerons la côte jusqu’à Feock, prendrons le King Harry Ferry, puis avalerons des miles dans la nuit jusqu’à notre dernier camping près d’Exmouth. Le lendemain matin sera le jour 32 : notre boucle de la Grande-Bretagne sera bouclée.
Compte-rendu
Encore un départ tôt. Nous quittons Watermouth Valley vers 6 h 30 et, inspirés par le guide Biker’s Britain, empruntons une série de B-roads le long de la North Devon Coast, puis passons Barnstaple et rejoignons l’A39. Nous suivons l’A39 jusqu’à Whitecross via Wadebridge. L’A389 nous mène vers St Issey, en restant au plus près possible de la Trevose Head Heritage Coast.
En quittant cette côte, la B3276 nous mène à Newquay, où nous reprenons du rythme en prenant l’A3075 vers le sud jusqu’à la jonction avec l’A30. L’A30 va directement à Land’s End, mais je l’avais déjà faite lors d’autres visites et nous avions passé assez de temps loin du littoral.
Nous tournons donc à gauche au St Erth Roundabout, direction St. Ives. La B3306 offre un détour côtier magnifique avant de nous ramener sur l’A30 juste après Land’s End Airport (oui, Land’s End a un aéroport — moi aussi, ça m’a surpris).
Nous arrivons à la barrière du parking de Land’s End. Un court échange et un sourire suffisent pour entrer gratuitement, au motif que nous terminons notre périple End to End et voulons juste prendre une photo devant l’arche. Nous restons environ 40 minutes malgré la foule. Un café rapide et une Cornish pasty plus tard, nous reprenons l’A30 vers Plymouth. L’A30 devient l’A394 puis l’A39, où nous bifurquons vers la River Thuro pour traverser à King Harry via la B3289.
Ce détour vaut le coup : rouler dans cette campagne verdoyante et charmante est un plaisir. Et avec un ferry toutes les 20 minutes à 2 £ par moto, aucune raison de rester sur l’A39. Sur la B3289, nous rejoignons tranquillement l’A390, puis l’A38 qui contourne Plymouth. Depuis la Devon Expy, nous roulons vers Brixton par l’A379, autour du South Devon AONB, puis vers Bantham Cross et Kingsbridge.
Comme dans tous les parcs nationaux et AONB du sud, la conduite est excellente, amplifiée par les paysages. La fatigue s’installe : on discute de rouler toute la nuit pour éviter le dernier emplacement. Mais après des routes fermées, des déviations vers Exeter, un arrêt carburant alors qu’on est affamés et frustrés, on se rappelle que j’avais déjà payé l’emplacement de la nuit àSouth Farm. Et puis, dormir rendra la fin du tour plus agréable.
Il nous reste 20 miles de petites routes, et le soleil vient de disparaître. En roulant dans le noir, je comprends l’intérêt d’un trail équipé de feux additionnels : le plein phare de ma Sprint n’apporte pas de lumière supplémentaire, surtout sous une voûte d’arbres. Nous arrivons bien plus tard que prévu, dans l’obscurité totale, et trouvons notre emplacement à South Farm avec vue sur Budleigh Salterton Beach. Charcuterie, chips, deux bières… puis sommeil profond.
Le jour 32 apporte un soleil éclatant et une vue que nous avions ratée la veille. Avec vue sur le début de la Jurassic Coast, qui s’étend sur 96 miles d’East Devon à East Dorset, nous commençons la dernière journée avec une « chambre avec vue ».
Nous prenons l’A3052 puis l’A35, roulant presque parallèlement à Chesil Beach jusqu’à Weymouth. L’A353 nous mène à l’A352 vers l’est, jusqu’au nord de Poole. L’A31 offre une ligne droite vers Southampton, mais nous faisons un détour par le New Forest National Park pour profiter encore d’une autre facette de la campagne britannique. Nous voulions visiter le National Motor Museum à Beaulieu, mais la journée avance, et nous progressons lentement sur les derniers 100 miles : nous continuons.
Sur les 50 derniers miles, nous serpentons autour de la M27 sur des B-roads qui semblaient plus « panoramiques » lors de la planification finale. Elles tiennent leurs promesses. Et quand on réalise à quel point la fin est proche, la ligne d’arrivée est là. Trois, deux, puis un dernier virage : nous nous garons après la B2177 Mill Lane, devant Route 66 Burger, pour une grande vue et une photo finale marquant la fin du tour.
Il n’y a pas eu un seul « point culminant » sur ce voyage. On pourrait défendre n’importe quelle route, n’importe quel lieu où nous avons dormi, les gens rencontrés, les vues splendides et les routes incroyables qui ont rendu tout cela si agréable. Mais c’est la joie simple de partager du temps et de faire quelque chose avec passion qui a rendu l’expérience si spéciale. Il y a tellement plus à voir en Grande-Bretagne et en Irlande, et tellement plus de miles à rouler, à refaire, à savourer. Dans les îles Britanniques, un monde entier de routes incroyables vous attend — et vous allez adorer !